Du 13 au 29 avril, iPRIS a accueilli sa 8e cohorte à Stockholm, en Suède, pour un programme complet d’apprentissage entre pairs de deux semaines et demie. Les sessions d’échange de connaissances, qui ont marqué la fin du premier round du cycle iPRIS, ont réuni des autorités nationales de régulation (ANR) africaines, des organisations sous-régionales de régulation (ORR), les partenaires de mise en œuvre, dont l’Autorité suédoise des postes et télécommunications (PTS) et le Programme suédois pour les TIC dans les régions en développement (SPIDER), ainsi que des partenaires européens. Tous se sont retrouvés pour faire avancer et renforcer les initiatives de changement (IC) des ANR africaines. Le cycle a couvert des domaines clés du renforcement institutionnel, du renforcement des capacités, de la collaboration réglementaire et de l’échange de connaissances afin de consolider la capacité de régulation et de stimuler une transformation numérique inclusive en Afrique subsaharienne. La 8e cohorte rassemblait les ANR de la Liberia Telecommunications Authority (LTA), de l’Information and Communications Technologies Authority (ICTA), de la Communications Regulatory Authority of Namibia (CRAN), de la National Communications Authority (NatCA), de la Tanzania Communications Regulatory Authority (TCRA) et de la Postal & Telecommunications Regulatory Authority of Zimbabwe (POTRAZ). Des représentants des ORR: ARTAO, EACO et CRASA, ont également rejoint les ANR pour contribuer à l’avancement de leurs IC et à la coopération régionale. Le succès du premier cycle de la 8e cohorte d’iPRIS marque une étape clé vers un avenir connecté, inclusif et numériquement autonome.

Selon GSMA (2024), la couverture du haut débit mobile en Afrique subsaharienne atteint désormais plus de 87 % de la population. Des écarts importants subsistent toutefois, comme le souligne un autre rapport de GSMA (2024) : l’Afrique subsaharienne reste la région où les niveaux de connectivité sont les plus bas et où les écarts de couverture et d’usage sont les plus importants, avec 27 % de la population connectée, un écart de couverture de 13 % et un écart d’usage de 60 %. Ces deux rapports montrent que, malgré la progression de la couverture du haut débit mobile, les écarts d’usage persistent à l’intérieur même des zones couvertes, tandis que la fracture numérique continue d’affecter les communautés rurales et mal desservies. Si les réseaux haut débit mobiles se sont considérablement étendus en Afrique subsaharienne, le défi le plus important consiste désormais à transformer la couverture en usage significatif. La formation de la 8e cohorte d’iPRIS visait à relever ce défi en renforçant les capacités des ANR à travers des sessions consacrées notamment à la gestion du spectre, à la cybersécurité, aux cadres réglementaires et à la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI).
Semaine 1 : Renforcer les institutions et faire progresser l’inclusion numérique
La première semaine du programme a permis aux participants de poser les bases de leurs IC, de renforcer la capacité de régulation et d’approfondir l’apprentissage entre pairs au sein des ANR. La semaine a soutenu la mise en œuvre concrète grâce à une exposition à la gestion de projet, aux cadres DEI et aux pratiques réglementaires internationales. Pierre angulaire du programme iPRIS, les IC ont été au cœur de la première journée du round, chaque ANR présentant son propre champ d’élaboration et de mise en œuvre de politiques dans le secteur des TIC. Les IC portaient sur la qualité de service, l’inclusion numérique des personnes en situation de handicap, la cybersécurité, la régulation du marché et la gestion du spectre. À travers les revues par les pairs et les apports d’experts de SPIDER et de PTS, chaque ANR a consolidé son axe principal, identifié des lacunes et des défis, et clarifié son périmètre. Les participants se sont attachés à concevoir des initiatives ancrées dans des besoins clairs, des solutions pratiques et un impact mesurable.
Comme cela a été souligné dans les discussions sur le renforcement institutionnel dans le cadre d’iPRIS :

Les experts en télécommunications de SPIDER et de PTS ont renforcé la capacité de régulation des participants en partageant des bonnes pratiques institutionnelles, des cadres de politiques publiques et des outils concrets de mise en œuvre. Malena Liedholm Ndounou (SPIDER) a doté les participants d’un plan de gestion de projet, un outil destiné à garantir une exécution efficace de ces projets afin qu’ils atteignent leurs objectifs tout en faisant progresser l’inclusion numérique en Afrique subsaharienne.

Dans la foulée, elle a présenté un cycle de projet structuré en sept étapes, qui guide les participants depuis l’identification du problème jusqu’à la définition des objectifs, des résultats, des indicateurs, à la planification des ressources, à la cartographie des parties prenantes, à la mise en œuvre, puis au suivi, à l’évaluation, à la redevabilité et à l’apprentissage (SERA). Un point clé soulevé lors de cette présentation a été la nécessité d’intégrer la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) tout au long des étapes de mise en œuvre d’un projet.

Per Andersson, Antonia Wopenka, Jesper Svedberg, Per-Erik Vitasp et Gustav Söderlind, experts en télécommunications de PTS, ont animé les sessions d’échange institutionnel et technique de la JEO, qui ont offert un éclairage sur les cadres réglementaires européens, les modèles de gouvernance numérique, les pratiques de cybersécurité et les approches de développement numérique inclusif. Ces sessions ont mis en évidence que, si la technologie a évolué vers un écosystème numérique plus intégré et plus convivial, les menaces de cybersécurité, la fraude et l’exclusion numérique ont parallèlement augmenté. Les experts de PTS ont présenté les cadres réglementaires mis en place pour bâtir la résilience et endiguer ces risques. Cela constitue l’un des principaux enseignements que les ANR pourront également appliquer dans leurs propres autorités, dans des cas similaires.
La première semaine avec la cohorte a permis de consolider les IC sur une base analytique solide et a donné aux participants une vision claire de la manière dont les cadres réglementaires peuvent rendre possibles des marchés numériques équitables.

Lire la suite sur les sessions de la semaine 1 ici.
Semaine 2 : Des cadres à un impact réglementaire concret
Au cours de la deuxième semaine, les sessions sont passées d’une réflexion sur les systèmes et les cadres institutionnels à des discussions concrètes sur l’harmonisation, la cartographie du haut débit, la gestion du spectre, l’évaluation de projets et la collaboration régionale. Sous la conduite d’experts de PTS et de SPIDER, les participants ont engagé des échanges sur la protection de l’utilisateur final et la DEI. Lisa Gurner, de PTS, a guidé la cohorte à travers les cadres et les initiatives de l’autorité européenne chargée de la protection des utilisateurs finaux, notamment le Code des communications électroniques européen (CCEE).

Un fil rouge a parcouru les discussions : la régulation doit aller au-delà de la structure du marché et traiter explicitement la question de la vulnérabilité, des biais institutionnels et de l’exclusion numérique. Soulignant la responsabilité des régulateurs, Caroline Wamala Larsson, de SPIDER, a noté :

À mesure que les participants affinaient leurs IC, ils ont été invités à repenser l’inclusion non comme un ajout en bout de chaîne, mais comme un résultat réglementaire central, à intégrer dès la première étape, par une planification et une mise en œuvre structurées.
La semaine a basculé vers une application pratique grâce à une exposition industrielle et technique. La visite de terrain chez Ericsson a permis aux participants de mieux comprendre comment les solutions de connectivité sont développées en pratique, en mettant en lumière le rôle du secteur privé dans l’innovation et l’importance d’une régulation réactive face aux technologies émergentes. Ont suivi des sessions JEO intensives animées par Bo Andersson, Andreas Wigren, Jens Ingman, Amela Hatibovic Sehic, Gustav Lenninger et Fredrik Johansson. Ces sessions ont porté sur le déploiement du haut débit, la cartographie du haut débit et la gestion du spectre, le modèle réglementaire suédois fondé sur les données illustrant la manière dont une information granulaire améliore la prise de décision, la redevabilité et l’analyse de la couverture. Mettant en relief l’impact plus large d’une telle approche fondée sur les données, Jens Ingman, analyste senior à PTS, a observé :

Les discussions sur l’harmonisation régionale ont en outre rappelé l’importance d’approches réglementaires coordonnées entre les pays.
À la fin de la deuxième semaine, les participants avaient fait évoluer leur compréhension de la régulation : un contrôle efficace dépend de la collaboration entre régulateurs, industrie et systèmes de données solides pour garantir un accès équitable et significatif aux services numériques.

Lire la suite sur la semaine 2 ici.
Semaine 3 : Définir la marche à suivre pour les initiatives de changement
La troisième semaine a constitué une étape déterminante du premier cycle du programme : les participants ont consolidé les connaissances réglementaires, les outils et les approches acquis au cours des semaines précédentes, pour les traduire en plans de mise en œuvre tournés vers l’avenir. Après les sessions sur la gestion de projet, la DEI, l’intersectionnalité, la JEO et la régulation des télécoms, les ANR sont entrées dans la dernière phase de discussions sur les IC avec les experts de SPIDER et de PTS. Les représentants des ORR ont également contribué par des échanges de connaissances et des perspectives régionales, renforçant la valeur de la coopération entre régions. Ces discussions ont aidé les participants à affiner les objectifs, à clarifier les produits et les résultats attendus, et à évaluer la faisabilité de la mise en œuvre.
Henrik Höglin a présenté aux participants Kivra, une boîte aux lettres numérique permettant de recevoir des documents importants — factures, fiches de paie, relevés bancaires annuels et vérifications de crédit — provenant d’entreprises, de banques et d’administrations. Kivra mise sur la durabilité environnementale : plus il y a d’utilisateurs, moins il y a de courriers papier et plus la communication est numérique, ce qui réduit les déchets. Cette session a apporté un éclairage pratique sur la fourniture de services numériques centrés sur l’utilisateur et sur l’adaptabilité réglementaire.

Les présentations « Marche à suivre » ont été le point d’orgue de la semaine, chaque ANR exposant la manière dont son IC progresserait au-delà de la phase de formation pour se traduire en action réglementaire concrète. Ces présentations ont rappelé qu’une régulation efficace exige des plans de mise en œuvre clairs, mesurables et durables, soutenus par la redevabilité et l’appropriation institutionnelle. La journée a été consacrée à la réflexion, à la consolidation et à la clôture, les participants présentant leurs plans de projet affinés et démontrant les progrès réalisés depuis les concepts initiaux jusqu’aux interventions structurées.
Le premier cycle s’est conclu par les évaluations, les mots de clôture et la remise des certificats, marquant le passage de l’apprentissage entre pairs à la mise en œuvre. En cohérence avec l’objectif d’iPRIS, la semaine 3 a doté les régulateurs d’outils opérationnels et adaptés à leur contexte pour faire avancer la transformation numérique dans leurs pays respectifs.

Une cohorte prête à passer à l’action
Au fil de ces deux semaines et demie, la 8e cohorte d’iPRIS est passée d’un apprentissage réglementaire fondamental à l’élaboration et à l’affinement structurés des initiatives de changement, pour aboutir à des plans de mise en œuvre clairs grâce aux présentations « Marche à suivre ». Le programme a fait progresser le dialogue réglementaire et l’apprentissage entre pairs des ANR africaines, avec l’appui de partenaires européens et de partenaires de mise en œuvre, dont SPIDER et PTS. Tout au long des sessions, les participants ont cheminé d’une compréhension conceptuelle vers une application réglementaire concrète, sans perdre de vue l’inclusion, une gestion de projet porteuse de sens et une mise en œuvre efficace.
Ce premier round du cycle iPRIS a renforcé un engagement partagé en faveur d’écosystèmes numériques résilients, inclusifs et prêts pour l’avenir, à l’échelle de l’Afrique subsaharienne.

Avec leurs plans «Marche à suivre» désormais en place, les participants achèvent la phase de Stockholm avec des feuilles de route réglementaires plus claires, des perspectives institutionnelles renforcées et des initiatives de changement plus abouties. La cohorte aborde maintenant l’étape suivante du programme iPRIS, prête à traduire ses connaissances en actions à travers la réforme de la réglementation, l’amélioration de la performance institutionnelle et sa contribution à l’agenda plus large de transformation numérique de l’Afrique. Les participants se retrouveront dans six mois à Nairobi, au Kenya, pour faire le point sur leurs avancées.
iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l’Autorité suédoise des postes et télécommunications (PTS) et l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR), ainsi qu’avec ARTAC, CRASA, EACO et ARTAO.
iPRIS est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg dans le cadre de l’initiative Équipe Europe « D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne » (Code : 001).
Kinshasa, 27, 28 et 29 avril 2026
Ce qu’il faut retenir
- 27, 28 et 29 avril 2026, Hôtel Rotana, Kinshasa, à l’invitation de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) et de l’Arcep France, Présidente de FRATEL par intérim en 2026.
- Près de 100 participants, en présentiel et en ligne, représentant 14 autorités de régulation membres du réseau FRATEL, des institutions internationales et des acteurs du secteur.
- Thème central: comment stimuler le déploiement et la concurrence par le partage d’infrastructures, et améliorer la qualité de service des nouveaux réseaux télécoms.
- Le programme iPRIS inscrit dans le plan d’action du FRATEL, aux côtés des groupes de travail et de la formation Regnum.
- Plusieurs alumni iPRIS présents à Kinshasa, au moment même où la 8ᵉ cohorte du programme se réunissait en Suède pour sa session de formation en Europe.
Jour 1: Réunions stratégiques et ateliers thématiques
La première journée du séminaire, le 27 avril, a été consacrée aux échanges entre régulateurs membres du réseau. Elle s’est ouverte par une réunion à huis clos entre dirigeants d’autorités, Présidents, membres du Conseil et Directeurs généraux, portant spécifiquement sur les TowerCo et le partage d’infrastructures mobiles, un sujet appelé à structurer l’ensemble du séminaire.
Le Secrétariat exécutif a ensuite présenté la synthèse des réponses au questionnaire adressé aux membres sur l’aménagement numérique du territoire, le partage d'infrastructures et la qualité de service. Le point sur le plan d’action du FRATEL a confirmé la place qu’occupe désormais iPRIS dans la dynamique du réseau, aux côtés des groupes de travail sur les indicateurs de qualité de service et sur la régulation des satellites non-géostationnaires, et de la formation Regnum soutenue par Télécom Paris.
L’après-midi s’est décliné en deux ateliers.
Le premier, animé par M. Imaja Itulelo Matiybu (ARPTC) avec M. Fargani Tambeayuk de Meta, a porté sur la protection des données et la lutte contre la désinformation. Le second a placé les réseaux communautaires au cœur de la discussion, avec M. Jean-Baptiste Millogo (Internet Society) connecté à distance et Mme Chako Armand (La Différence), venue témoigner de l’expérience de Pamoja Net dans le Sud-Kivu. Partant du constat que plus de deux milliards de personnes restent non connectées dans le monde, les intervenants ont placé les communautés locales au centre de la réponse.



ILR Director Luc Tapela conversing with delegates at the seminar
Jour 2: Cérémonie d’ouverture officielle et trois tables rondes
Le séminaire a été officiellement ouvert le 28 avril par Son Excellence M. José Mpanda Kabangu, Ministre des Postes et des Télécommunications de la RDC, aux côtés de M. Christian Katende, Président de l’ARPTC, et de Mme Laure de La Raudière, Présidente d’Arcep France et Présidente 2026 du FRATEL par intérim.
Trois tables rondes ont structuré le reste de la journée. La première, présidée par Mme Patricia Amand (ARTCI, Côte d’Ivoire), a examiné l’impact des modes de partage d’infrastructures mobiles sur la concurrence. M. Patrick Mpenge (Vodacom) y a livré une formule devenue emblématique du séminaire: «derrière chaque pylône, il doit y avoir une fibre.» Les échanges ont prolongé la réflexion ouverte le matin entre dirigeants d’autorités, en distinguant partage passif, partage actif et itinérance nationale, et en interrogeant les leviers réglementaires capables d’encourager certaines formes de mutualisation tout en préservant l’investissement et l’innovation.
La deuxième table ronde, présidée par Mme Lydie Omanga, Vice-présidente de l’ARPTC, a porté sur le déploiement des réseaux de fibre optique dans une dynamique favorisant la concurrence et l’innovation. Les contributions d’ARCEP Gabon, de l’ANRT Maroc et d’Orange Afrique-Moyen-Orient ont mis en évidence la diversité des modèles, du co-investissement à l’accès ouvert au backbone national, en passant par la construction de réseaux communs.
La troisième, conduite par M. Jean-Célestin Endoke, Directeur des affaires juridiques et internationales de l’ARPCE de la République du Congo, a abordé les mesures permettant de garantir la qualité d’exploitation des nouveaux réseaux télécoms. Fiabilité, maintenance, processus de raccordement et observatoires de qualité de service ont structuré la discussion, avec les contributions de l’Arcep France, d’Internet Society et d’Airtel Congo.


Perspective iPRIS
Pour iPRIS, ces trois journées de Kinshasa ont valeur de confirmation. Volet francophone de l’initiative Team Europe «D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne», soutenu par la Commission européenne, la Suède et le Luxembourg, le programme accompagne le développement d’une offre de formation en français destinée aux régulateurs des télécoms et aux organisations sous-régionales de régulation.
Les trois axes du séminaire, partage d’infrastructure, déploiement de la fibre optique et qualité de service, recoupent directement les chantiers que les régulateurs des télécoms accompagnés par iPRIS mènent dans leurs propres juridictions. L’inscription du programme dans le plan d’action du FRATEL conforte le partenariat stratégique noué via l’Arcep France et ancre iPRIS dans la dynamique francophone du renforcement des capacités. La présence simultanée d’alumni à Kinshasa et de la 8ᵉ cohorte en Suède illustre concrètement ce que iPRIS cherche à construire: une communauté de régulateurs francophones qui apprennent les uns des autres, par-delà les frontières et les phases de leur parcours.
Et après?
Les chantiers techniques discutés à Kinshasa, qu’il s’agisse du partage d’infrastructure, de la fibre optique ou de la qualité de service, sont indissociables des conditions humaines, économiques et institutionnelles dans lesquelles ils se déploient. Le séminaire aura été un point d’étape dans une coopération francophone qui se construit dans la durée.
Le réseau a déjà fixé son prochain rendez-vous: sa réunion annuelle se tiendra les 28, 29 et 30 octobre 2026 en République de Guinée, autour du thème «Quelles mesures pour soutenir le déploiement d’infrastructures pour le numérique?». Pour les régulateurs accompagnés par iPRIS, comme pour leurs homologues francophones, ce sera l’occasion de poursuivre les réflexions ouvertes à Kinshasa, et de continuer d’avancer, ensemble, vers une connectivité abordable, inclusive et durable en Afrique subsaharienne.
Le Réseau francophone de la régulation des télécommunications (Fratel) tiendra son 23ᵉ séminaire les 27 et 28 avril 2026 à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Cet événement est organisé à l’invitation de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) et de l’Arcep France, qui assure la présidence par intérim du réseau. Une journée d'échanges informels conclura la rencontre le 29 avril.
Les discussions porteront sur les leviers permettant de stimuler le déploiement des réseaux et la concurrence, avec un focus sur le partage d’infrastructure et l'amélioration de la qualité de service des nouveaux réseaux télécoms. Trois tables rondes structureront les débats:
- Partage d’infrastructures mobiles : analyse de son impact sur la dynamique du marché.
- Déploiement de la fibre optique : étude des modèles de co-investissement et d’accès régulé pour optimiser la couverture.
- Qualité d’exploitation : évaluation de cet enjeu crucial pour garantir la pérennité des nouveaux réseaux fixes et mobiles.
Le programme prévoit une session spécifique dédiée à iPRIS (ICT Policy, Regulation and Institutional Strengthening), soulignant l'importance stratégique de ce séminaire pour les parties prenantes du programme. Ce rendez-vous constitue une plateforme majeure pour échanger sur les enjeux clés liés au développement des télécommunications en Afrique francophone, en lien direct avec les objectifs d'accompagnement des régulateurs.
Le programme des deux journées est particulièrement dense. La première journée sera consacrée à la présentation d'une enquête sur l'aménagement numérique du territoire et aux deux premières tables rondes. Un point d'étape sera également fait sur le plan d'action de Fratel, incluant les travaux d'iPRIS et la formation Regnum. La seconde journée débutera par une session réservée aux dirigeants des autorités de régulation ; elle sera suivie d'une table ronde sur la qualité des réseaux et de la clôture officielle.
Pour toute information complémentaire, le secrétariat exécutif de Fratel est joignable à l'adresse sec@fratel.org. Le programme iPRIS assurera une couverture de l’événement sur ses canaux de communication habituels.
Par la Prof. Caroline Wamala-Larsson
Résidant en Suède depuis plus de deux décennies, j’ai pu observer les accomplissements d’une politique de télécommunications coordonnée. Je me souviens d'être arrivée tard un soir d’hiver à Bruxelles pour une conférence. La ville m’était inconnue, les rues étaient calmes et j’ignorais comment rejoindre mon hôtel. Depuis la gare, j’ai appelé mon mari à Stockholm ; grâce aux cartes en ligne, il m’a guidée pas à pas jusqu’à destination.
À travers l’Europe, la connectivité suit l’utilisateur et non la frontière. Que l’on voyage de la Suède vers la Norvège ou plus au sud vers l’Espagne, le téléphone fonctionne comme si l’on n’avait jamais quitté son pays. Les appels coûtent le même prix, les réseaux sont fluides et l’expérience est pratiquement invisible. Ce résultat n’est pas le fruit du hasard : il découle d’une coopération réglementaire entre des pays ayant choisi de faire de la connectivité abordable et fiable une priorité pour leurs citoyens. Dans de nombreuses régions d’Afrique, notamment le long des zones frontalières, la réalité est tout autre.
En Afrique subsaharienne, les communautés frontalières fonctionnent davantage comme des espaces sociaux et économiques partagés que comme des divisions nettes. Les échanges commerciaux, les liens familiaux et les déplacements quotidiens traversent des frontières imposées par l’histoire coloniale plutôt que définies socialement. Pourtant, les réseaux mobiles ne reflètent pas cette réalité. Les téléphones se connectent fréquemment à des signaux étrangers sans avertissement, déclenchant des frais d’itinérance ou des interruptions de service. Pour beaucoup, ce n’est pas seulement un inconvénient ; c’est un coût.
Prenons l’exemple de Nana Mensah, propriétaire d’une petite boulangerie à Aflao, une ville située le long de la frontière entre le Ghana et le Togo. Son activité repose en grande partie sur la connectivité mobile pour coordonner ses clients, passer des commandes auprès de ses fournisseurs et gérer les livraisons. Pourtant, même dans un périmètre restreint, son téléphone peut se connecter au réseau d’un pays voisin.
Les répercussions dépassent sa seule situation : ses clients peinent à la joindre, des commandes sont retardées et les communications avec ses fournisseurs d’ingrédients deviennent aléatoires. À terme, ces perturbations se traduisent par des ventes imprévisibles et une instabilité économique pour son entreprise. Chaque basculement involontaire de réseau introduit une incertitude dans une activité qui repose pourtant sur la fiabilité.
Des dynamiques similaires se retrouvent en Afrique de l’Est. Pour les commerçants transfrontaliers à Busia ou les transporteurs à Namanga, la connectivité est une bouée de sauvetage permettant les paiements mobiles, l’accès aux informations de marché et la coordination des équipes. Quand les réseaux défaillent, la productivité en pâtit directement.
Du 9 au 12 mars 2026, des régulateurs et des experts se sont réunis à Accra, au Ghana, dans le cadre du programme d’apprentissage entre pairs iPRIS. Cette rencontre a fait suite aux échanges tenus en Suède en novembre 2025, réunissant des autorités nationales de régulation de toute l’Afrique, des organisations sous-régionales et des partenaires internationaux. Un constat s’est imposé : si la couverture mobile s’est étendue, l’accessibilité financière et la fiabilité restent inégales dans les zones frontalières.

Des solutions concrètes commencent toutefois à émerger. Au Ghana, la National Communication Authority a lancé un projet pilote de sensibilisation à Aflao pour aider les habitants à configurer leurs téléphones et éviter l’itinérance involontaire. À l’échelle régionale, le cadre « One Network Area » (ONA) en Afrique australe montre l'exemple. Des pays comme le Botswana, la Zambie, le Zimbabwe et le Malawi harmonisent leurs tarifs d’itinérance, avec des réductions allant de 10 % à plus de 90 %. En Afrique de l’Est, l’initiative ONA traite désormais les communications transfrontalières presque comme des appels locaux entre le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda.
Il est désormais nécessaire de passer de réformes isolées à des cadres de connectivité régionaux pleinement intégrés. Les régulateurs doivent accélérer l’harmonisation pour garantir la cohérence des tarifs et la protection des consommateurs ; la fragmentation est un frein au progrès. Par ailleurs, les politiques doivent refléter les réalités vécues, car la connectivité se vit différemment selon le genre, l’âge et le niveau de revenus.
Enfin, la connectivité doit être reconnue comme une infrastructure économique vitale. Le commerce intra-africain et la finance numérique dépendent de communications fiables. La collaboration entre les régulateurs, les opérateurs et les partenaires au développement sera déterminante pour faire évoluer ces solutions. La possibilité de joindre un proche ou un partenaire d'affaires ne devrait jamais dépendre d'un basculement de réseau involontaire.
Du 9 au 12-03-2026, des régulateurs des télécoms se sont réunis à Accra, Ghana, dans le cadre de la session 2025D d’iPRIS dédiée au suivi des initiatives de changement (IC), après une première phase d’apprentissage en Suède. Des autorités nationales de régulation issues du Ghana, du Kenya, du Botswana, du Lesotho et de la Gambie, ainsi qu’un participant du Malawi en ligne, ont collaboré pour faire progresser leurs IC vers une mise en œuvre opérationnelle.
Organisée par SPIDER, en partenariat avec l’Autorité suédoise des postes et télécoms (PTS), la session a également réuni des organisations sous-régionales de régulation, notamment la CRASA, l’EACO et l’ARTAO, ainsi que des représentants de l’Union européenne.
Dans un contexte où 2,2 milliards de personnes restent non connectées à l’échelle mondiale (UIT, 2025), l’Afrique fait face à un écart d’usage significatif : bien que 95 % de la population soit couverte par les réseaux mobiles, seuls 40 % utilisent effectivement l’Internet mobile (GSMA, 2025). Cet écart, lié notamment aux coûts, aux compétences numériques et aux contraintes d’accès, souligne le rôle stratégique des régulateurs dans le développement d’écosystèmes numériques inclusifs.
La session s’inscrit dans le cycle structuré d’apprentissage entre pairs d’iPRIS et marque le passage de la planification à la mise en œuvre. Elle a permis d’évaluer l’état d’avancement des IC, de renforcer les capacités en prospective stratégique, inclusion numérique et gestion de projet, et d’approfondir la coopération régionale.

Jour 1 : De la planification à l’action

La session a débuté par des interventions soulignant l’impact concret des IC sur le développement socio-économique. Les régulateurs ont présenté l’avancement de leurs initiatives, couvrant notamment la gestion du spectre, l’accès au haut débit, la connectivité communautaire, la gouvernance de l’intelligence artificielle et la protection des consommateurs.
Ces échanges ont illustré la transition vers des solutions réglementaires concrètes, tout en renforçant les capacités institutionnelles des régulateurs face à des marchés numériques en évolution rapide.

Jour 2 : Renforcement des capacités et expertise technique
La deuxième journée a été consacrée au développement des compétences stratégiques. Les sessions ont porté sur la prospective stratégique, l’inclusion numérique et la gestion de projet.
L’approche Diversité, Équité et Inclusion (DEI) a été mise en avant comme levier essentiel pour garantir un accès équitable aux services numériques, notamment pour les populations mal desservies. Par ailleurs, les outils de suivi, évaluation, redevabilité et apprentissage (SERA) ont permis aux régulateurs de structurer efficacement leurs IC.
Un point clé a été l’analyse des enjeux d’itinérance transfrontalière, illustrant la nécessité d’une coordination réglementaire renforcée pour protéger les consommateurs et améliorer la qualité de service.





Jour 3 : Coopération régionale et alignement réglementaire
La session a favorisé des échanges approfondis entre régulateurs nationaux et organisations sous-régionales. Ces interactions ont permis de partager des expériences, d’identifier des défis communs et de promouvoir des approches harmonisées.
Cette dynamique de collaboration contribue à renforcer la cohérence des cadres réglementaires et à soutenir le développement de marchés numériques intégrés à l’échelle régionale.

Jour 4 : Mise en œuvre et perspectives
La dernière journée a été consacrée à la définition des prochaines étapes. Chaque régulateur a présenté une feuille de route détaillée pour ses IC, incluant objectifs, méthodologies, défis et résultats attendus.
Cette approche opérationnelle vise à garantir une connectivité abordable, à promouvoir des marchés numériques inclusifs et à renforcer la protection des consommateurs.

Conclusion
Le suivi en Afrique pour la session 2025D au Ghana confirme la mission d’iPRIS : renforcer les capacités des régulateurs des télécoms grâce à l’apprentissage entre pairs, afin de soutenir une transformation numérique inclusive et durable en Afrique subsaharienne. La collaboration entre régulateurs nationaux et sous-régionaux demeure un levier essentiel pour relever les défis numériques et favoriser un développement harmonisé à l’échelle du continent.
iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l'Autorité suédoise des postes et des télécommunications (PTS) et l'Institut luxembourgeois de régulation (ILR), ainsi qu’avec l’ARTAC, l'CRASA, l’EACO et l’ARTAO.
Le programme est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg dans le cadre de l’initiative Team Europe « D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne »
Les régulateurs francophones accélèrent la transformation numérique
9–12 février 2026 | Cotonou, Bénin
EN BREF:
- Où et quand: Cotonou, Bénin, du 9 au 12 février 2026, session de suivi en Afrique de la deuxième cohorte francophone iPRIS
- Participants: Six autorités nationales de régulation (ARCEP Bénin, ARCT Burundi, ART Cameroun, ORTEL Guinée équatoriale, ARCEP Gabon, ARPT Guinée), trois régulateurs sous-régionaux (ARTAC, ARTAO, EACO), le réseau ARCEP France, et les partenaires de mise en œuvre SPIDER et ILR
- Temps forts: Discours de S.E. Stéphane Mund (Ambassadeur de l'UE au Bénin), présentation des avances des Initiatives de Changement, visite du centre technique de l’ARCEP Bénin, immersion fintech (LuxAid Challenge Fund, MTN Innovation Lab), modules sur la DEI et le SERA, réception à l'Ambassade du Luxembourg
- Impact: Résultats concrets au sein de l’ARCEP Benin, et bilan encourageant des six Initiatives de Changement
Une étape décisive pour la deuxième cohorte francophone
Du 9 au 12 février 2026, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste du Bénin (ARCEP Bénin) a accueilli à Cotonou la session de suivi en Afrique de la deuxième cohorte francophone du programme iPRIS. Quatre jours d’échanges intensifs ont réuni des régulateurs des télécoms du Bénin, du Burundi, du Cameroun, de la Guinée équatoriale, du Gabon et de la Guinée, aux côtés des partenaires de mise en œuvre SPIDER et l’ILR, des régulateurs des télécoms sous-régionaux; ARTAO (Assemblée des Régulateurs Des Télécommunications en Afrique de l’Ouest), l’ARTAC (Assemblée des régulateurs des Télécommunications de la République Centrafricaine) et l’EACO (East African Communications Organisation), ainsi que du réseau francophone, ARCEP France.
S’inscrivant dans le cycle structuré d’apprentissage entre pairs d’iPRIS, cette session a marqué un tournant pour cette deuxième cohorte francophone: le passage de l’apprentissage à l’action. Après une formation complète au Luxembourg en septembre 2025, ces régulateurs des télécom d’Afrique Francophone se retrouvent au Bénin pour confronter leurs Initiatives de Changement (IC) aux réalités du terrain, mesurer les progrès accomplis et consolider les réformes engagées.
Jour 1: Des avancées concrètes et un engagement réaffirmé
La session a été officiellement ouverte par les discours de S.E. Stéphane Mund, Ambassadeur de l’Union européenne au Bénin, du représentant de l’Ambassadeur du Luxembourg au Bénin, et du Dr Hervé C. Guèdègbé, Secrétaire Exécutif de l’ARCEP Bénin. Ce cadre institutionnel de haut niveau a posé d’emblée l’ambition de la semaine: positionner les régulateurs africains comme acteurs de la transformation numérique du continent.

La matinée de ce premier jour a été consacrée aux présentations des progrès des initiatives de changement portées par chaque autorité nationale de régulation. De la régulation de la concurrence, la gestion du spectre, déploiement de la 5G, régulation des infrastructures de fibre optique, à la détection des interférences spectrales. Chaque régulateur a démontré des avancées mesurables depuis la session de formation en Europe.
Un moment fort de la journée a été la mise en lumière des réalisations de l’ARCEP Bénin, notamment l’annonce de la décision réglementant les tarifs dans le secteur des communications électroniques et du numérique, ainsi que le prochain encadrement des zones WiFi gratuites. Ces mesures illustrent l’engagement du régulateur béninois en faveur d’un marché plus transparent, équitable et accessible.

La journée s’est terminée par une visite au centre technique de l’ARCEP Bénin à Hêvié, Calavi où les participants ont échangé avec le secrétariat exécutif de l’ARCEP sur l’approche évolutive du pays en matière d’accès public à internet, y compris les récentes orientations réglementaires sur l’exploitation des zones WiFi. Le cadre réglementaire souligne l’importance de l’autorisation préalable, de la qualité de service, de la protection des données et de la concurrence loyale. Des engagements illustrant comment la régulation peut protéger les utilisateurs tout en permettant un accès numérique abordable et équitable.

Jour 2: Dialogue stratégique et coopération institutionnelle
La deuxième journée a été entièrement consacrée à des réunions dédiées aux initiatives de changement. Chaque régulateur national a travaillé en sessions dédiées avec des experts de l’ARTAO, l’ARTAC, SPIDER, l’ILR, et l’EACO, pour affiner les stratégies de mise en œuvre, identifier les risques et renforcer les plans d’action. Ce format de travail en groupe de discussion reflète la méthodologie iPRIS: un accompagnement itératif, structuré et fondé sur la redevabilité.
Les échanges ont permis d’aborder en profondeur les défis propres à chaque contexte national; contraintes budgétaires, calendriers d’approbation institutionnelle, coordination inter-agences et l’accès tout en identifiant des solutions transversales et des bonnes pratiques et visions partagées entre pairs.

La journée s’est poursuivie en soirée à l’Ambassade du Luxembourg au Bénin, où les participants ont été reçus lors d'une invitation spéciale. Ce moment institutionnel a réaffirmé le soutien des partenaires européens au renforcement des capacités des régulateurs africains et à la promotion d’écosystèmes numériques inclusifs.

Jour 3: Innovation, inclusion financière et leadership institutionnel
La troisième journée a offert aux régulateurs africains une immersion dans l’écosystème de l’innovation financière et numérique au Bénin, combinée à des sessions de renforcement des capacités sur la gestion de projet et la diversité institutionnelle.
Immersion dans la fintech béninoise

La matinée s’est déroulée dans les locaux de l’Ambassade du Luxembourg, avec la présentation de deux startups lauréates du LuxAid Challenge Fund: Global Optim Benin (GOBIWORLD), dont l’application mobile intégrée digitalise et optimise les activités des agents Mobile Money en faveur d’une inclusion financière renforcée, et Media Soft Bénin, qui facilite la digitalisation des services des institutions de microfinance pour un accès élargi aux services financiers, en particulier pour les populations vulnérables.
Mme Livia Sossou, Conseillère technique principale du programme BeDigital, et M. Gilles Da Costa, Conseiller technique principal du programme Finance inclusive et innovante, ont présenté les progrès du Bénin en matière d’inclusion financière. Le taux d’inclusion financière, estimé à 87 % en 2025, atteint désormais 90 % au sein de la zone UEMOA, porté par l’adoption de la nouvelle loi bancaire en 2024 qui élargit le champ d’application aux établissements de paiement, aux établissements de monnaie électronique et aux FinTech.
La visite du MTN Innovation Lab a complété cette immersion avec la présentation de Cashless, une plateforme SaaS dédiée à la gestion des avantages salariés et des dépenses professionnelles. Ces initiatives illustrent le dynamisme de l’écosystème numérique béninois et les synergies entre régulation et innovation.

Diversité, équité et inclusion
L’après-midi a débuté par un module animé par Cheikh Sadibou Sakho (SPIDER / Université Gaston Berger) sur la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) dans les environnements réglementaires. La session a souligné que l’inclusion ne se limite pas à l’infrastructure mais dépend également des rôles sociaux et du genre, renforçant l’idée que la légitimité et la confiance du public reposent sur un leadership inclusif.

Sur le sujet de la DEI, le Pr Sadibou a livré une analyse approfondie sur le rôle inéluctable de la diversité, l'équité et l'inclusion dans la réduction de la fracture numérique en Afrique. Cet éditorial a suscité une attention médiatique méritée à travers le continent.
Lire l'article du Pr Sadibou: L'Afrique ne réduira pas la fracture numérique sans refonder l'inclusion
LE SOLEIL | REWMI | SENENET

Gestion de projet et SERA
Malena Liedholm-Ndounou (SPIDER) a conduit une session sur la gestion de projet et le Suivi, Évaluation, Redevabilité et Apprentissage (SERA), dotant les régulateurs d’outils concrets pour planifier, suivre et évaluer l’impact de leurs initiatives de changement. Cette session a mis en évidence que la durabilité des réformes dépend autant de la discipline de projet que de l’expertise

La session sur l’encadrement tarifaire, animée par Antoine Samba (ARCEP France/FRATEL) et Tantely Jeans (ILR), a également permis aux participants d’approfondir les cadres réglementaires européens en matière de tarification et de protection des consommateurs; un sujet au cœur de plusieurs Initiatives de Changement de cette deuxième cohorte francophone.
Jour 4: Consolidation et perspectives
La quatrième et dernière journée a porté sur la consolidation des Initiatives de Changement et à la définition de la marche à suivre. Chaque régulateur national de la cohorte a présenté sa feuille de route pour les prochains mois, en précisant les étapes clés, les livrables attendus et les mécanismes de suivi. Les présentations ont démontré combien les IC avaient progressé, passant de la conception stratégique au Luxembourg en septembre dernier à des plans d’action détaillés, ancrés dans les réalités institutionnelles de chaque pays.
La session s’est clôturée dans une ambiance conviviale avec une excursion culturelle à Ouidah, ville historique du Bénin. Ce moment de partage a renforcé les liens entre les participants, illustrant l’esprit de collaboration et de solidarité qui caractérise le programme iPRIS.

Renforcer le leadership réglementaire à travers l’Afrique
La session de suivi de la deuxième cohorte Francophone à Cotonou confirme la vocation d’iPRIS: accompagner les régulateurs des télécoms dans la mise en œuvre de réformes structurantes, favoriser l’apprentissage entre pairs et contribuer à la construction d’environnements numériques plus inclusifs, innovants et durables à travers l’Afrique. En quatre jours, la deuxième cohorte francophone a démontré que l’échange structuré entre pairs accélère la capacité réglementaire des institutions africaines, des présentations de progrès aux cliniques IC, de l’immersion dans la fintech à la réflexion sur le leadership inclusif.
Ces régulateurs ne sont pas de simples participants à un programme de formation. Ils sont les architectes de la transformation numérique de leurs pays, porteurs de réformes concrètes qui touchent la concurrence, le spectre, l’infrastructure et la protection des consommateurs. L’approche iPRIS itérative, structurée et fondée sur la redevabilité, leur offre les outils, les réseaux et l’espace nécessaires pour convertir l’ambition en résultats institutionnels mesurables.

Depuis son lancement en 2023, iPRIS a mobilisé plus de 200 experts des télécoms dans 32 pays, témoignant d’un réseau continental croissant de régulateurs qui s’appuient sur une expertise partagée et une action réglementaire coordonnée pour façonner des marchés numériques résilients et tournés vers l’avenir. La session de Cotonou n’est pas une fin de parcours, mais une étape dans l’engagement continu d’iPRIS auprès des régulateurs africains. Un engagement qui transforme l’apprentissage en réforme et la réforme en impact durable.

iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l’Autorité suédoise des postes et télécommunications (PTS) et l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR), ainsi qu’avec l’ARTAC, la ARCAA, l’OCAE et l’ARTAO.
iPRIS est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg dans le cadre de l’Initiative Team Europe « D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne » (Code : 001).
Cotonou, Bénin | 13 février 2026
L’ARCEP, l’Autorité de régulation des télécommunications du Bénin, a accueilli une session iPRIS de quatre jours à Cotonou. Un programme consacré à la Politique de régulation des TIC et au Renforcement institutionnel. La session a réuni des experts des télécoms issus des autorités de régulation du Bénin, du Burundi, du Cameroun, de la Guinée équatoriale, du Gabon et de la Guinée. Étaient également présents les partenaires de mise en œuvre SPIDER (Suède) et l’ILR, l’Institut luxembourgeois de régulation, ainsi que des organisations sous-régionales de régulation, notamment l’ARTAO ( Assemblée des Régulateurs Des Télécommunications en Afrique de l’Ouest) pour l’Afrique occidentale, l’ARTAC (Assemblée des régulateurs des Télécommunications de la République Centrafricaine) pour l’Afrique centrale, l’OCAE( Organisation des Communications de l’Afrique de l’Est)pour l’Afrique orientale et le réseau des régulateurs francophones FRATEL.
S’inscrivant dans le cycle structuré d’apprentissage entre pairs d’iPRIS, cette session a approfondi les échanges d’expertise réglementaire, d’expériences pratiques et d’approches prospectives en matière de numérique, en s’appuyant sur la formation complète dispensée pour cette deuxième cohorte francophone au Luxembourg en septembre 2025.

Au cœur du programme iPRIS se trouvent des initiatives pour le changement ou des projets de réformes menés par les régulateurs dans leurs zones de régulation. Ces engagements transformatifs portent sur des priorités essentielles en matière de numérique, telles que les lacunes de connectivité, l’accessibilité de service et les cadres réglementaires réactifs. Collectivement, ces projets ou initiatives pour le changement modernisent les environnements politiques, renforcent la confiance du marché et accélèrent la transition vers des écosystèmes numériques plus résilients, compétitifs et inclusifs à travers l’Afrique.
Chaque régulateur national des télécoms travaille sur une initiative pour le changement adaptée aux priorités de son pays : la régulation de la concurrence pour un marché dynamique des communications mobiles, l’élaboration d’une stratégie de gestion du spectre, les spécifications de déploiement de la 5G et les normes réglementaires, la régulation du partage des infrastructures de fibre optique, le renforcement de la concurrence dans un marché déséquilibré, et la détection et l’analyse des interférences spectrales.
Les participants ont également effectué une visite au centre technique de l’ARCEP Bénin à Hêvié, Calavi. Ils ont échangé avec le secrétariat exécutif de l’ARCEP pour mieux comprendre l’approche évolutive du pays en matière de numérique, y compris les récentes orientations réglementaires sur l’exploitation des zones Wi-Fi. À mesure que la connectivité s’étend dans les centres urbains, les marchés et les établissements scolaires, le cadre réglementaire met l’accent sur l’importance de l’autorisation préalable, de la qualité de service, de la protection des données et de la concurrence loyale. Les régulateurs protègent les utilisateurs tout en leur permettant un accès numérique abordable et équitable. Ces mêmes fonctions transformatives qui sont renforcées par IPRIS comme le rappelle le Dr Hervé C. Guèdègbé, Secrétaire Exécutif, ARCEP Bénin: «Il y a l’école des livres, l’école du savoir et l’école de l’expérience. La meilleure école est celle de l’expérience, et c’est précisément ce qu’IPRIS réunit.»

Le programme a également été enrichi d’échanges avec des innovateurs fintech soutenus par le LuxAid Challenge Fund et le MTN Innovation Lab, notamment Global Optim Benin et Media Soft Benin, exposant davantage les régulateurs à des technologies favorisant l’inclusion financière, les transactions numériques sécurisées et un accès élargi aux services financiers formels. Au fur et à mesure que l’adoption des fintechs s’accélère à travers le continent, l’importance de la prospective réglementaire dans la protection des consommateurs et la garantie de l’intégrité des systèmes a été soulignée.
En plus, le programme iPRIS comprenait un module sur la Diversité, l’Équité et l’Inclusion (DEI) animé par Cheikh Sadibou Sakho (SPIDER/Université Gaston Berger) ainsi qu’un module sur la gestion de projet et le Suivi, Évaluation, Redevabilité et Apprentissage (SERA) facilité par Malena Liedholm Ndounou (SPIDER).
iPRIS contribue à la Stratégie de transformation numérique de l’Union africaine (2020–2030) en favorisant l’alignement réglementaire, le renforcement institutionnel et la collaboration interrégionale. Depuis son lancement en 2023, ce programme financé par l’UE a mobilisé environ 157 participants dans 33 pays, témoignant d’un réseau continental croissant de régulateurs qui s’appuient sur une expertise partagée et une action réglementaire coordonnée pour façonner des marchés numériques résilients et tournés vers l’avenir.
En échange de connaissances entre pairs, les participants ont élaboré et mis en œuvre des initiatives pour le changement couvrant la gestion du spectre, les cadres de cybersécurité, les politiques d’itinérance, l’inclusion numérique et les technologies émergentes Un apprentissage entre pairs renforçant une transformation numérique équitable.
iPRIS dépasse les clivages linguistiques pour faire progresser la collaboration entre les régulateurs d’Afrique anglophone, francophone et lusophone, en favorisant un meilleur alignement en matière de gouvernance numérique tout en cultivant le leadership réglementaire et une communauté de pratique en expansion.
D’ici 2028, avec son action étendue à 43 pays, iPRIS renforce les systèmes de régulation et améliore l’efficacité des politiques, tout en préparant l’Afrique à une transformation numérique durable et inclusive. Pour atteindre ces objectifs transformatifs, les régulateurs des télécommunications nationaux ainsi que sous-régionaux jouent un rôle central en garantissant l’accès aux TIC, en favorisant la concurrence, en protégeant les consommateurs et en stimulant l’innovation pour libérer pleinement le potentiel de développement du continent.
EN BREF:
- Où et quand: Cotonou, Bénin, du 9 au 12 février 2026 – phase africaine de la deuxième cohorte francophone iPRIS
- Participants: Les six régulateurs nationaux des télécoms présents lors de la session européenne (ARCEP Bénin, ARCT Burundi, ART Cameroun, ORTEL Guinée équatoriale, ARCEP Gabon, ARPT Guinée), et trois organisations sous-régionales (ARTAC, ARTAO, EACO)
- Focus: Mise en œuvre des Initiatives de changement développées par les régulateurs, appuyées par les organisations sous-régionales, avec des visites terrain à l'ARCEP Bénin et à l'Ambassade du Luxembourg
Du 9 au 12 février 2026, le Bénin accueillera la phase africaine de la deuxième cohorte francophone iPRIS, réunissant des régulateurs des télécoms de six pays d'Afrique subsaharienne pour des échanges axés sur la mise en œuvre des Initiatives de changement développées par les régulateurs et appuyées par les organisations sous-régionales ARTAC, ARTAO et EACO. Cette session fait suite à la formation en Europe et marque le passage de l'apprentissage à l'action sur le terrain africain.
Les mêmes six régulateurs qui étaient présents pendant la session européenne seront aussi présents lors de la session africaine: l'ARCEP Bénin, l'ARCT Burundi, l'ART Cameroun, l'ORTEL Guinée équatoriale, l'ARCEP Gabon et l'ARPT Guinée. Les organisations sous-régionales ARTAC, ARTAO et EACO seront également représentées, aux côtés du partenaire européen: l'ARCEP France.
L'Afrique reste le continent le moins connecté au monde: seuls 38 % des Africains étaient en ligne en 2024, contre 68 % à l'échelle mondiale, selon l'Union internationale des télécommunications. Ces chiffres soulignent l'urgence d'un renforcement réglementaire pour accélérer la transformation numérique inclusive.
Cette session se distingue par un programme particulièrement riche. Les participants effectueront une visite à l'ARCEP Bénin, régulateur hôte, pour un échange direct avec leurs homologues béninois. La rencontre à l'Ambassade du Luxembourg à Cotonou constituera un moment fort, avec des présentations de startups béninoises lauréates du LuxAid Challenge Fund dans le domaine de la fintech, ainsi que des innovations accompagnées par le MTN Innovation Lab. Ces visites terrain ancrent l'apprentissage dans les réalités africaines et illustrent la dimension pratique et collaborative qui fait la force de cette phase africaine.
iPRIS (Politique et régulation des TIC - Renforcement institutionnel) contribue à réduire la fracture numérique en renforçant les capacités des régulateurs africains des télécoms grâce à l'apprentissage entre pairs avec leurs homologues africains et européens.
iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l'Autorité suédoise des postes et des télécommunications (PTS) et l'Institut luxembourgeois de régulation (ILR).
Le programme est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg, dans le cadre de l’Initiative Équipe Europe D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne (Code : 001).
EN BREF
- Six ANR africaines et trois ORR ont achevé un parcours intensif de deux semaines et demie, transformant leurs Initiatives de Changement en feuilles de route concrètes pour le renforcement institutionnel
- Au-delà de l'accès universel : les régulateurs ont redéfini l'inclusion numérique en s'attaquant aux barrières structurelles qui maintiennent 710 millions de personnes déconnectées malgré la couverture réseau
- L'introduction du SERA (Suivi, Évaluation, Redevabilité et Apprentissage) et des outils de gestion de projets a équipé les régulateurs pour concevoir des interventions mesurables et adaptatives
- Les visites technologiques chez Ericsson et Forsway, combinées aux sessions sur la régulation de la concurrence européenne, ont relié les cadres théoriques aux applications pratiques
- La collaboration régionale avec ARTAO, ARCAA et EACO a souligné l'importance de l'harmonisation transfrontalière pour relever les défis partagés
Du 16 novembre au 3 décembre 2025, Stockholm a accueilli la septième cohorte d’iPRIS pour une phase européenne intensive qui a réuni six Autorités Nationales de Régulation africaines et trois Organisations sous-régionales de régulation. La NCA Ghana, la LCA Lesotho, BOCRA Botswana, PURA Gambie, la CA Kenya et MACRA Malawi, accompagnées par ARTAO, EACO et ARCAA, ont achevé un parcours d'apprentissage entre pairs qui a transformé leurs Initiatives de Changement en feuilles de route concrètes pour le renforcement institutionnel.
Semaine 1: établir les fondations
Lundi: Accueil et orientation avec présentations des Initiatives de Changement par les ANR
Mardi: Introduction à la gestion de projets pour structurer les initiatives
Mercredi: Sessions techniques sur la gestion du spectre et le déploiement du haut débit
Jeudi: Approfondissement des cadres réglementaires et de l'indépendance institutionnelle
Vendredi: Synthèse et préparation pour la semaine 2
La première semaine a posé les bases conceptuelles et techniques du cycle. Les participants ont présenté leurs Initiatives de Changement initiales, révélant des priorités nationales allant de la feuille de route spectrale nationale du Ghana aux systèmes d'alerte précoce pour la cybersécurité du Botswana. SPIDER et PTS ont guidé les régulateurs à travers les principes de gestion de projets, soulignant l'importance de définir clairement les problèmes avant de concevoir des solutions.
Les sessions techniques ont couvert la gestion du spectre, le déploiement du haut débit, l'indépendance réglementaire et la prise de décision fondée sur des preuves. Les présentations d'experts européens ont offert des perspectives concrètes sur les cadres réglementaires du Code européen des communications électroniques, tandis que les ateliers ont permis aux participants d'appliquer immédiatement ces concepts à leurs contextes nationaux.
«Un bon projet n'est pas défini par ce qu'il contient, mais par la clarté avec laquelle il résout le problème qu'il se propose de traiter», a rappelé Malena Liedholm Ndounou de SPIDER.

Semaine 2: au-delà de l'infrastructure
Lundi: Cliniques d'experts pour affiner les Initiatives de Changement avec accompagnement personnalisé
Mardi: Sessions «Au-delà de l'accès universel» et régulation de la concurrence
Mercredi: Visite d'étude chez Ericsson pour explorer les technologies émergentes
Jeudi: Approfondissement de la Diversité, l'Équité et l'Inclusion et introduction au SERA
Vendredi: Consolidation de la gestion de projets et visite chez Telia
La deuxième semaine a marqué un tournant conceptuel majeur avec les sessions «Au-delà de l'accès universel» animées par Caroline Wamala-Larsson et Malena Liedholm Ndounou. Les données GSMA ont révélé une réalité frappante: en Afrique subsaharienne, 710 millions de personnes vivent dans des zones couvertes mais n'utilisent pas régulièrement l'internet mobile, avec 93 millions de femmes ne possédant aucun téléphone mobile. Cette semaine a redéfini la façon dont les régulateurs conçoivent l'inclusion numérique, déplaçant l'attention de la couverture réseau vers les barrières structurelles qui empêchent une participation significative.
«L'accès universel n'est pas la ligne d'arrivée. C'est le point de départ, car l'accès seul ne garantit pas la participation», a souligné Caroline.
La visite chez Ericsson à Kista a permis aux participants d'explorer les technologies émergentes, de la gestion mondiale du spectre aux constellations satellitaires LEO, tandis que les sessions sur la régulation de la concurrence avec Alberto Naranjo et Björn Backgård de PTS ont offert des outils pratiques pour maintenir des marchés équitables. «Si nous n'appliquons pas de règles basées sur les coûts, l'opérateur historique fixera les prix comme bon lui semble. La régulation est là pour protéger la concurrence, pas pour l'affaiblir.»
L'introduction au Suivi, Évaluation, Redevabilité et Apprentissage par Katja Sarajeva a équipé les régulateurs d'outils pour mesurer l'impact et adapter leurs approches.

Semaine 3: de la planification à l'action
Mardi: Présentation de Forsway sur la connectivité hybride et panel régional avec les ORR
Mercredi: Présentations finales des Initiatives de Changement et cérémonie de clôture.
La dernière semaine a consolidé les apprentissages à travers des présentations innovantes et une réflexion collective. Anders Brandter de Forsway Scandinavia a présenté un modèle hybride satellite-terrestre pour étendre la connectivité haut débit dans les zones difficiles d'accès, démontrant comment l'innovation technologique peut compléter les efforts réglementaires.
«L'inclusion numérique dépend de la technologie, oui, mais aussi du leadership politique. Sans soutien réglementaire, les solutions innovantes ne peuvent pas se développer à grande échelle», a-t-il affirmé.
Le panel avec ARTAO, ARCAA et EACO a offert des perspectives régionales essentielles sur la coordination transfrontalière, l'harmonisation réglementaire et les défis partagés en matière d'abordabilité, de financement des infrastructures et de gestion du spectre. Les panélistes ont souligné que la transformation numérique exige à la fois des capacités techniques et un engagement politique.
Le dernier jour a été consacré aux présentations finales des Initiatives de Changement par toutes les ANR. MACRA, BOCRA, CAK, PURA, LCA et NCA ont démontré comment l'apprentissage entre pairs avait renforcé leur logique de projet, clarifié leurs énoncés de problème et affiné leurs plans d'activités. Les présentations ont révélé une compréhension approfondie de l'intégration des considérations DEI, des besoins en données et des capacités internes directement dans la conception des Initiatives de Changement.
«La transformation numérique ne concerne pas seulement la technologie; elle concerne les personnes, l'inclusion et les structures qui permettent à tous de participer de manière significative», a rappelé Caroline Wamala-Larsson.

Vers la phase africaine
Stockholm a été bien plus qu'un lieu d'apprentissage pour la septième cohorte—c'était le point de départ d'une transformation qui s'étendra sur les douze prochains mois. Les Initiatives de Changement qui sont sorties de ces trois semaines portent désormais l'empreinte d'un dialogue approfondi entre régulateurs africains et experts européens, mais surtout la marque d'une collaboration entre pairs qui a permis à chaque ANR de renforcer sa vision à travers l'expérience des autres.
Les certificats distribués le dernier jour ne marquent pas une fin, mais une transition. Les outils de gestion de projets, les cadres SERA, les perspectives sur l'équité numérique et les leçons tirées des marchés européens voyagent maintenant avec les participants vers leurs contextes nationaux. La prochaine étape au Ghana en mars 2026 permettra de tester ces apprentissages dans la réalité institutionnelle africaine, là où les défis de mise en œuvre révéleront la véritable portée du travail accompli à Stockholm.
Ce qui se construit ici dépasse les frontières nationales—c'est un écosystème réglementaire africain plus interconnecté, plus conscient de ses forces collectives, et mieux équipé pour relever les défis de la transformation numérique avec ambition et pragmatisme.
iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l'Autorité suédoise des postes et des télécommunications (PTS) et l'Institut luxembourgeois de régulation (ILR).
Le programme est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg, dans le cadre de l’Initiative Équipe Europe D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne (Code : 001).
EN BREF
- Les régulateurs ont approfondi leurs Initiatives de Changement à travers la gestion de projets et le SERA (Suivi, Évaluation, Redevabilité et Apprentissage)
- 215 millions de femmes en Afrique subsaharienne vivent dans des zones couvertes mais restent déconnectées, avec 93 millions ne possédant aucun téléphone mobile
- Les visites chez Ericsson et Telia ont permis de relier les cadres européens aux réalités africaines des télécommunications
Cette deuxième semaine à Stockholm a fait passer les participants de la NCA Ghana, de la LCA Lesotho, de BOCRA Botswana, de PURA Gambie, de la CA Kenya et de MACRA Malawi des concepts théoriques à l'action réglementaire concrète.
Lundi 25 novembre: Accompagnement personnalisé des Initiatives de Changement
La semaine a démarré par des sessions fermées avec les experts des ORR, de SPIDER et de PTS. Chaque équipe a affiné la définition de ses problématiques réglementaires, testé ses hypothèses et identifié les preuves nécessaires pour étayer ses propositions.
Mardi 26 novembre: Au-delà de l'accès universel et régulation de la concurrence
Le Dr. Caroline Wamala Larsson et Malena Liedholm Ndounou ont bousculé la vision traditionnelle de la connectivité à l'Université de Stockholm. Les données GSMA révèlent qu'environ 710 millions de personnes en Afrique subsaharienne se trouvent dans une zone de couverture mais n'utilisent pas régulièrement l'internet mobile, soit un écart d'utilisation de 61%. Plus frappant, 93 millions de femmes ne possèdent aucun téléphone mobile, tandis que 215 millions sont couvertes mais n'accèdent pas à l'internet mobile.
«L'accès universel n'est pas la ligne d'arrivée. C'est le point de départ, car l'accès seul ne garantit pas la participation», a rappelé le Dr. Caroline.
En après-midi, Alberto Naranjo et Björn Backgård de PTS ont exploré la régulation de la concurrence, expliquant comment le modèle ALRIC maintient une concurrence équitable dans l'Union européenne.
«Si nous n'appliquons pas de règles basées sur les coûts, l'opérateur historique fixera les prix comme bon lui semble», a affirmé Alberto Naranjo.
Mercredi 27 novembre: Immersion technologique chez Ericsson
À Kista, les participants ont exploré les évolutions du marché mondial, la gestion du spectre, les constellations satellitaires LEO et les politiques d'intelligence artificielle. L'après-midi à l'Ericsson Imagine Studio a offert des démonstrations pratiques de jumeaux numériques, de découpage de réseau et de solutions d'entreprise. Un panel avec Ericsson, Telia et PTS a clôturé la journée.
Jeudi 27 novembre: DEI, gestion de projets et fondements du SERA
Caroline a approfondi la Diversité, l'Équité et l'Inclusion, analysant comment les normes de genre, d'âge et de statut socio-économique déterminent qui peut véritablement participer à l'économie numérique. «Si les institutions ne confrontent pas leurs propres biais, elles risquent de reproduire les inégalités qu'elles visent à résoudre», a-t-elle averti.
Malena Liedholm Ndounou a guidé les équipes sur la conception des Initiatives de Changement, insistant sur la clarté d'objectif et la documentation rigoureuse.

Katja Sarajeva a introduit le SERA, démontrant comment ces systèmes créent des boucles de rétroaction centrées sur les utilisateurs.

Vendredi 29 novembre: Consolidation et visite chez Telia
Malena a consolidé l'apprentissage en gestion de projets, soulignant que chaque Initiative de Changement efficace commence par une définition claire du problème et une compréhension partagée.

Les participants se sont ensuite rendus chez Telia pour des perspectives pratiques sur les opérations télécom européennes.
Cette deuxième semaine a doté les régulateurs d'outils concrets et de cadres conceptuels solides pour transformer leurs Initiatives de Changement en projets inclusifs, mesurables et adaptés à leurs contextes nationaux. Armés d'une compréhension approfondie de l'équité numérique, de la gestion de projets rigoureuse et des systèmes SERA, les participants retournent dans leurs pays avec les moyens de conduire une régulation qui place véritablement les communautés au cœur de la transformation numérique africaine.
iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l'Autorité suédoise des postes et des télécommunications (PTS) et l'Institut luxembourgeois de régulation (ILR).
Le programme est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg, dans le cadre de l’Initiative Équipe Europe D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne (Code : 001).
17 au 21 novembre, Stockholm, Suède
TL;DR
- Six ANR africaines (Ghana, Kenya, Lesotho, Malawi, La Gambie, Botswana) et trois ORR (ARTAO, EACO, ARCAA) ont participé à la première semaine de formation iPRIS à Stockholm.
- Chaque pays a présenté son initiative pour le changement : feuilles de route spectrales, réseaux communautaires, régulation de l'IA, protection des consommateurs, et infrastructure numérique sécurisée.
- Les sessions PTS ont couvert l'indépendance réglementaire, le déploiement du haut débit, la cartographie basée sur les données, et la protection de l'utilisateur final.
- SPIDER a animé des ateliers de gestion de projet pour affiner les initiatives avec des objectifs clairs et des indicateurs mesurables.
- La semaine a établi les bases d'un apprentissage entre pairs et d'une collaboration intercontinentale pour renforcer les capacités réglementaires en Afrique.
La première semaine d'un programme intensif réunissant des autorités nationales de régulation africaines et des experts européens s'est déroulée autour de son objectif commun: renforcer les capacités institutionnelles et façonner des initiatives pour le changement porteuses pour les écosystèmes numériques africains.
Six autorités nationales de régulation - NCA Ghana, LCA Lesotho, BOCRA Botswana, PURA La Gambie, CA Kenya et MACRA Malawi - ont participé à cette semaine d'apprentissage par les pairs, accompagnées par les organisations sous-régionales de régulation ARTAO, EACO et ARCAA. Les journées ont alterné entre présentations nationales, sessions techniques animées par l'Autorité suédoise des Postes et Télécoms (PTS) et ateliers de gestion de projet pilotés par SPIDER.

Lundi: Six pays, six visions institutionnelles
La semaine a débuté par la présentation des initiatives pour le changement portées par chaque autorité nationale. Edem Debrah, de la NCA Ghana, a exposé un projet ambitieux de feuille de route spectrale nationale couvrant la période 2025-2035, destinée à harmoniser les politiques fragmentées et à anticiper les besoins futurs en spectre pour la 5G, l'Internet des Objets (IoT) et les services satellitaires. Thomas Luti, de la CA Kenya, a présenté une étude de faisabilité sur les réseaux communautaires visant à connecter 2,2 millions de personnes dans 19 comtés encore mal desservis.

Le Lesotho, représenté par Alex Maama, s'est concentré sur la préparation réglementaire face à l'intelligence artificielle et aux technologies émergentes. «La LCA comprendra l'état actuel et travaillera de manière proactive sur la politique requise pour réguler efficacement les technologies émergentes pour le bien du pays», a-t-il déclaré. Nicholas Kanyenda du MACRA Malawi a défendu le renforcement de la protection des consommateurs par des accords de niveau de service contraignants et une surveillance automatisée des pannes.
Les deux équipes du BOCRA Botswana ont présenté des initiatives complémentaires: l'établissement d'une infrastructure nationale à clés publiques pour sécuriser les services gouvernementaux numériques, et le renforcement des capacités techniques face aux défis posés par les opérateurs satellitaires LEO comme Starlink. Dawda Jammeh, de PURA La Gambie, a souligné l'urgence de centraliser la gestion du spectre et de déployer leur nouveau véhicule de surveillance spectrale.
Edna Soomre de SPIDER a rappelé aux participants le principe fondateur du programme: «Nous voulons vous conduire vers les résultats de vos initiatives pour le changement. Vous avez les réponses parce que vous connaissez le contexte».

Mardi: Indépendance réglementaire et cadres Européens
La deuxième journée a exploré les fondements institutionnels et juridiques de la régulation efficace. Alexandra Högberg a ouvert avec une session sur la gestion de projet, insistant sur l'importance de définir clairement les objectifs: «La clarté de l'objectif est ce qui maintient un projet ancré lorsque tout autour de lui change». Lars Gustafsson a retracé l'évolution du marché suédois des télécommunications, montrant comment la régulation doit s'adapter aux transformations technologiques.

Per Andersson et Antonia Wopenka ont ensuite détaillé les cadres institutionnels qui soutiennent l'offre commune européenne. Per a expliqué le modèle constitutionnel suédois où les ministères établissent les politiques générales mais ne peuvent intervenir dans les décisions réglementaires individuelles. «L'indépendance n'est pas symbolique. C'est la garantie constitutionnelle qui assure que les décisions sont prises sur la base du droit, non de la politique», a-t-il souligné.
Antonia a présenté le code européen des communications électroniques et les nouveaux instruments de l'UE, notamment la loi sur l'infrastructure gigabit et la réglementation sur l'intelligence artificielle. «Les règles harmonisées sont importantes parce que les marchés numériques ne s'arrêtent pas aux frontières nationales», a-t-elle rappelé.
Mercredi: Cartographie, déploiement et données probantes
La troisième journée s'est concentrée sur les infrastructures haut débit et l'importance des données dans la prise de décision réglementaire. Andreas Wigren a présenté le parcours suédois en matière de déploiement du haut débit, soulignant que «le soutien de l'État fonctionne mieux lorsqu'il complète le marché, plutôt que de le remplacer». Jens Ingman a démontré l'utilisation des systèmes d'information géographique pour guider les investissements: «Une bonne cartographie est la base de bonnes décisions. Sans données précises, vous ne pouvez ni planifier ni réguler efficacement».
Les contributions des ANR africaines ont enrichi les discussions. Le Ghana a évoqué les défis de stimulation du déploiement dans les zones à faible rentabilité commerciale. Le Kenya a souligné la pertinence croissante des outils SIG pour orienter le déploiement de la fibre et l'expansion de la 4G. Le Malawi a exprimé son intérêt pour les systèmes de cartographie capables de prédire la demande en zones rurales.
L'après-midi, les participants se sont rendus au siège de PTS pour une session technique sur les communications sécurisées animée par Per Erik Vitasp, Gustav Söderlind et Joakim Aspengren, suivie d'une réception en soirée favorisant les échanges informels entre pairs.
Jeudi: Protéger l'utilisateur final et garantir l'inclusion
La quatrième journée a mis l'accent sur les dimensions sociales de la régulation. Lisa Gurner a présenté l'approche européenne de la protection de l'utilisateur final, expliquant comment les règles de transparence, les procédures de changement d'opérateur et la supervision préventive créent un marché où les consommateurs peuvent prendre des décisions éclairées.
«La protection de l'utilisateur final ne concerne pas seulement les règles. Il s'agit de créer un marché où les gens peuvent avoir confiance que l'information qu'ils reçoivent est claire, juste et compréhensible», a-t-elle déclaré.

Hans von Axelson a exploré l'inclusion numérique et les mécanismes pratiques qui garantissent l'accessibilité pour tous, y compris les personnes handicapées. «L'accessibilité n'est pas une faveur. C'est un droit, et elle doit être intégrée dans chaque décision qui façonne l'environnement numérique», a-t-il affirmé.
L'après-midi, Claes Hultholm et Jesper Simons ont détaillé le système suédois de numérotation et d'adressage. Ils ont expliqué comment PTS alloue les ressources, supervise leur utilisation et récupère les numéros inutilisés pour éviter la pénurie. «Un plan de numérotation est une ressource nationale. Il doit être géré avec soin, transparence et prévoyance», a souligné Claes Hultholm. Les contributions des ANR africaines ont révélé des défis similaires: pénuries de numéros, gestion de la fraude et besoin de processus d'allocation transparents.

Vendredi: Préparer l'avenir et affiner les projets
La semaine se conclura par des sessions prospectives sur les tendances réglementaires futures et la gestion du spectre, animées par Bo Andersson, Amela Hatibovic, Gustav Lenninger et Fredrik Johansson. SPIDER organisera également un atelier pratique pour affiner les initiatives pour le changement, garantir leur faisabilité et renforcer les indicateurs de suivi. La journée se terminera par une évaluation collective et une visite culturelle du Palais royal de Stockholm.
Des fondations solides pour un cycle transformateur
Cette première semaine a établi un cadre robuste pour le travail de la septième cohorte iPRIS. En combinant apprentissage entre pairs, expertise technique européenne et accompagnement méthodologique, le programme a permis aux ANR africaines de consolider leurs initiatives pour le changement et de construire des liens professionnels durables. Les semaines à venir approfondiront ces acquis et accompagneront la mise en œuvre concrète des projets nationaux visant à renforcer les écosystèmes numériques africains.
iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l'Autorité suédoise des postes et des télécommunications (PTS) et l'Institut luxembourgeois de régulation (ILR).
Le programme est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg, dans le cadre de l’Initiative Équipe Europe D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne (Code : 001).
Le projet iPRIS fête ses deux ans ce novembre! La septième cohorte iPRIS marquera une étape importante dans ce programme de renforcement des capacités par apprentissage entre pairs ciblant les régulateurs des télécommunications dans 43 pays.
La septième cohorte iPRIS se réunira à Stockholm, en Suède, du 16 novembre au 3 décembre 2025, pour sa première phase du projet. La cohorte comprendra des régulateurs des télécommunications du Botswana, du Ghana, du Kenya, du Lesotho, du Malawi, de la Gambie et de la Suède. Ils seront également rejoints par d'autres experts africains en TIC provenant d'organisations sous-régionales de régulation (ORR): l'Organisation des communications d'Afrique de l'Est (EACO), l'Association des régulateurs des communications d'Afrique australe (ARCAA) et l'Assemblée des régulateurs des télécommunications d'Afrique de l'Ouest (ARTAO), qui partageront les leçons tirées des cadres de coopération sous-régionale. Tous ces participants collaboreront et s'engageront dans des discussions significatives au cours des trois semaines pour améliorer les capacités institutionnelles, la coopération réglementaire et le développement numérique inclusif.

Deux ans de collaboration et de croissance
Depuis sa création en novembre 2023, le programme iPRIS est devenu une plateforme dynamique pour l'apprentissage entre pairs et la coopération sous-régionale. À ce jour, il a soutenu plus de 120 régulateurs des télécommunications dans 31 pays africains, faisant progresser des approches inclusives et fondées sur des données probantes en matière de politique et de régulation des TIC.

Jusqu'à présent, iPRIS a engagé 31 ANR à travers l'Afrique subsaharienne, notamment : Bénin, Burundi, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Comores, Congo-Brazzaville, République démocratique du Congo, Eswatini, Gabon, Gambie, Ghana, Kenya, Lesotho, Libéria, Malawi, Mauritanie, Maurice, Namibie, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Afrique du Sud, Soudan du Sud, Tanzanie, Togo, Ouganda, Zambie, Zimbabwe et Guinée équatoriale.

Les pays entrants qui rejoignent la septième cohorte porteront ce nombre à 32 pays, reflétant l'empreinte croissante du programme et sa communauté grandissante de régulateurs engagés à renforcer l'avenir numérique de l'Afrique.
Grâce à son modèle collaboratif, iPRIS a engagé plus de 200 experts en télécommunications d'Afrique et d'Europe, favorisant l'échange continu entre les autorités nationales de régulation (ANR), les organisations sous-régionales de régulation (ORR) et les partenaires européens. Ce réseau croissant continue de renforcer le leadership institutionnel, d'améliorer la cohérence des politiques et de combler les divisions sous-régionales dans la gouvernance numérique.
Chaque cohorte contribue à un écosystème plus large de connaissances, où les régulateurs africains partagent les meilleures pratiques, pilotent des réformes et établissent des partenariats durables qui accélèrent collectivement la transformation numérique du continent.
Voici un aperçu de quelques experts et régulateurs des télécommunications qui ont fait partie du parcours jusqu’à présent

Progrès dans la région

L'impact est déjà visible. En Tanzanie, les régulateurs ont été pionniers dans l'élaboration de directives sur les satellites direct-vers-mobile, étendant la connectivité aux zones reculées. Au Mozambique, une initiative de changement est devenue une régulation nationale sur l'itinérance qui permet aux familles rurales de rester connectées même lorsqu'un réseau tombe en panne. À Maurice, les régulateurs protègent l'écosystème numérique avec de nouvelles directives sur la cybersécurité, renforçant la confiance dans les plateformes en ligne et se préparant pour un avenir propulsé par la 5G. L'Ouganda est monté sur la scène mondiale en accueillant le Symposium mondial des régulateurs de l'UIT (GSR 2024), rassemblant 900 délégués à Kampala et démontrant le leadership de l'Afrique subsaharienne dans la gouvernance numérique.
Ces étapes importantes sont le résultat d'efforts collaboratifs entre gouvernements, régulateurs, partenaires de développement et organismes sous-régionaux. iPRIS est fier d'avoir contribué en tant que membre de cette communauté plus large, stimulant la transformation numérique.

Mise en œuvre de la régulation régionale sur l'itinérance gratuite de la CEDEAO

Chez ARTAO, un certain nombre d'initiatives sont en cours, dont la plupart ont donné des résultats pour fournir une connectivité significative dans la sous-région, et certaines de ces initiatives incluent :
- Le soutien à la mise en œuvre de la régulation régionale sur l'itinérance gratuite de la CEDEAO, qui jusqu'à présent a fourni une communication abordable lors de la migration dans et entre 9 pays d'Afrique de l'Ouest, avec plus de progrès à réaliser avec le soutien attendu du volet de travail 2 du programme iPRIS ;
- L'avènement des opérations d'orbite non géostationnaire (NGSO) a conduit au développement d'un cadre NGSO au niveau sous-régional (ARTAO), qui fournit un guide aux régulateurs sur la façon d'engager avec succès les opérateurs NGSO et de tirer parti de leurs services pour promouvoir une couverture et une connectivité accrues, en particulier dans les zones mal desservies et non desservies de la région.
ARTAO est également fier de jouer un rôle actif dans la réalisation de la Stratégie de transformation numérique (STN) 2020-2030 pour l'Afrique, garantissant une connectivité significative à tous les niveaux du continent, du premier au dernier kilomètre. Grâce au projet iPRIS également, diverses initiatives ont été développées pour promouvoir la connectivité dans la sous-région, s'attaquant à des domaines critiques du secteur des télécommunications, notamment la gestion du spectre et le déploiement de la 5G. Avec d'autres collaborations clés avec l'UIT, Smart Africa et d'autres partenaires de développement, ARTAO fait des progrès pour garantir une connectivité significative en Afrique de l'Ouest et en Afrique dans son ensemble.
L'accès à la 5G atteint désormais la moitié du globe, mais des millions restent déconnectés
Selon le Rapport sur les Objectifs de développement durable 2025 — marquant le dixième bilan annuel des progrès mondiaux vers l'Agenda 2030 — le monde se trouve à un moment critique. Avec seulement cinq ans restants pour atteindre les ODD, le rapport livre une évaluation franche : bien que des millions de vies se soient améliorées, le rythme du changement reste insuffisant pour atteindre les 17 Objectifs d'ici 2030.
Le rapport souligne que les Objectifs restent à portée de main seulement si l'action s'accélère maintenant. Partout dans le monde, les jeunes, les communautés, la société civile et les dirigeants locaux mènent des efforts pour tenir la promesse des ODD.

La connectivité est un élément clé de cette impulsion mondiale. Bien que la couverture 5G se soit étendue pour atteindre 51 % de la population mondiale en 2024, seulement cinq ans après ses débuts commerciaux, les progrès restent profondément inégaux. Quatre-vingt-quatre pour cent des personnes dans les pays à revenu élevé ont accès à la 5G, contre seulement 4 % dans les pays à faible revenu.
Là où la 5G n'est pas disponible, la 4G reste une alternative vitale, couvrant 92 % de la population mondiale. Pourtant, dans les pays à faible revenu, la 4G n'atteint que 52 %, laissant la 3G comme principal moyen d'accès à Internet pour beaucoup. De manière alarmante, 4 % de la population mondiale reste entièrement au-delà de la couverture du haut débit mobile, avec les plus grandes lacunes en Océanie (à l'exclusion de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande), où 24 % n'ont aucun accès du tout.
Les Pays les moins avancés (PMA) et les Pays en développement sans littoral (PDSL) du monde font face à des défis similaires — 15 % et 14 % de leurs populations, respectivement, n'ont aucun accès au haut débit mobile.
Ces disparités soulignent le besoin urgent d'une transformation numérique inclusive et d'investissements ciblés pour garantir que personne — ou aucune communauté — ne soit laissé pour compte à l'ère numérique.
Points forts: Un parcours d'apprentissage entre pairs de trois semaines
Cette phase entrante offre aux participants présents un mélange complet de sessions dirigées par des experts, de travail de projet collaboratif et de visites sur le terrain qui relient la théorie à des perspectives pratiques.
Les discussions tourneront autour de ces composantes :
- Des sessions de l'Offre européenne commune menées par des experts de PTS et des professionnels des télécommunications d'autres partenaires sur des sujets tels que le déploiement du haut débit, l'attribution du spectre, les communications sécurisées, le cadre institutionnel et légal, les questions réglementaires futures, le contrôle de la concurrence et la numérotation et l'adressage. Les discussions sur l'inclusion numérique font partie des autres sessions pertinentes organisées.
- Des discussions sur la gestion de projet, Au-delà de l'accès universel et le MEAL (Suivi, Évaluation, Redevabilité et Apprentissage) menées par SPIDER pour améliorer la mise en œuvre des initiatives de changement au niveau national.
- Des visites au siège de PTS, à l'Université de Stockholm, chez Ericsson et Telia, où les participants découvrent des modèles d'innovation et de gouvernance qui sont favorables aux consommateurs et, en même temps, permettent la croissance.
- Un dîner de réseau au Musée Vasa a été prévu pour faciliter la coopération et l'échange culturel.
Tout au long de la période, chaque ANR continuera d'améliorer son initiative de changement, un plan de réforme national visant à renforcer la performance institutionnelle et à rendre l'environnement réglementaire durable et inclusif.

Pour en savoir plus sur la 6e cohorte d'iPRIS, Lisez ici
Renforcer l'impact au-delà de l'échange de connaissances
Alors qu'iPRIS fête ses deux ans, son réseau croissant d'anciens et de cohortes actives reflète l'engagement soutenu du programme à renforcer la régulation des TIC en Afrique. À ce jour, trois cohortes ont terminé le cycle iPRIS, les accueillant dans le réseau des anciens, représentant les régions anglophones et francophones. La septième cohorte, qui se réunit bientôt à Stockholm, poursuit cet héritage de collaboration et d'apprentissage entre pairs. Le nombre de cohortes francophones qui ont participé au projet iPRIS est de deux, avec davantage attendues dans les années à venir. Claudio Bacigalupi, chef de la coopération à la Délégation de l'Union européenne en Zambie et au COMESA, a souligné l'importance de la collaboration pour parvenir à l'harmonisation sous-régionale et créer un environnement plus propice à l'innovation, à l'investissement et aux services numériques transfrontaliers.
En 2026, iPRIS élargira encore sa portée grâce à des cycles dédiés aux lusophones, conçus pour renforcer l'inclusion sous-régionale et la diversité linguistique dans le dialogue sur les politiques numériques. D'ici la fin du projet en 2028, iPRIS devrait avoir formé plus de 300 régulateurs africains des télécommunications provenant de 43 autorités nationales de régulation (ANR) dans la conception et la mise en œuvre de réformes fondées sur des données probantes pour un développement numérique durable.
A propos de la 1er cohorte Francophone d'IPRIS - Lisez ici

Alors que la réunion de cette cohorte entrante se termine début décembre, les participants présenteront leurs plans de projet «Voie à suivre» — des feuilles de route stratégiques pour la mise en œuvre de réformes réglementaires dans leurs pays respectifs — soutenus par leurs ORR. Cette collaboration entre experts africains et européens des télécommunications continue de démontrer comment l'apprentissage partagé et le partenariat peuvent renforcer les capacités institutionnelles, faire progresser l'inclusion numérique et accélérer la transformation de l'Afrique vers un avenir connecté et durable.
Suivez le parcours de la septième cohorte iPRIS et leurs initiatives de changement sur la page LinkedIn d'iPRIS alors qu'ils traduisent les perspectives mondiales en impact national à travers le paysage numérique de l'Afrique.
iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l'Autorité suédoise des postes et des télécommunications (PTS) et l'Institut luxembourgeois de régulation (ILR).
Le programme est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg, dans le cadre de l’Initiative Équipe Europe D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne (Code : 001).