Kinshasa, 27, 28 et 29 avril 2026

Ce qu’il faut retenir

  • 27, 28 et 29 avril 2026, Hôtel Rotana, Kinshasa, à l’invitation de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) et de l’Arcep France, Présidente de FRATEL par intérim en 2026.
  • Près de 100 participants, en présentiel et en ligne, représentant 14 autorités de régulation membres du réseau FRATEL, des institutions internationales et des acteurs du secteur.
  • Thème central: comment stimuler le déploiement et la concurrence par le partage d’infrastructures, et améliorer la qualité de service des nouveaux réseaux télécoms.
  • Le programme iPRIS inscrit dans le plan d’action du FRATEL, aux côtés des groupes de travail et de la formation Regnum.
  • Plusieurs alumni iPRIS présents à Kinshasa, au moment même où la 8ᵉ cohorte du programme se réunissait en Suède pour sa session de formation en Europe.

Jour 1: Réunions stratégiques et ateliers thématiques

La première journée du séminaire, le 27 avril, a été consacrée aux échanges entre régulateurs membres du réseau. Elle s’est ouverte par une réunion à huis clos entre dirigeants d’autorités, Présidents, membres du Conseil et Directeurs généraux, portant spécifiquement sur les TowerCo et le partage d’infrastructures mobiles, un sujet appelé à structurer l’ensemble du séminaire.

Le Secrétariat exécutif a ensuite présenté la synthèse des réponses au questionnaire adressé aux membres sur l’aménagement numérique du territoire, le partage d'infrastructures et la qualité de service. Le point sur le plan d’action du FRATEL a confirmé la place qu’occupe désormais iPRIS dans la dynamique du réseau, aux côtés des groupes de travail sur les indicateurs de qualité de service et sur la régulation des satellites non-géostationnaires, et de la formation Regnum soutenue par Télécom Paris.

L’après-midi s’est décliné en deux ateliers. 

Le premier, animé par M. Imaja Itulelo Matiybu (ARPTC) avec M. Fargani Tambeayuk de Meta, a porté sur la protection des données et la lutte contre la désinformation. Le second a placé les réseaux communautaires au cœur de la discussion, avec M. Jean-Baptiste Millogo (Internet Society) connecté à distance et Mme Chako Armand (La Différence), venue témoigner de l’expérience de Pamoja Net dans le Sud-Kivu. Partant du constat que plus de deux milliards de personnes restent non connectées dans le monde, les intervenants ont placé les communautés locales au centre de la réponse.

 

 

 

ILR Director Luc Tapela conversing with delegates at the seminar

Jour 2: Cérémonie d’ouverture officielle et trois tables rondes

Le séminaire a été officiellement ouvert le 28 avril par Son Excellence M. José Mpanda Kabangu, Ministre des Postes et des Télécommunications de la RDC, aux côtés de M. Christian Katende, Président de l’ARPTC, et de Mme Laure de La Raudière, Présidente d’Arcep France et Présidente 2026 du FRATEL par intérim.

Trois tables rondes ont structuré le reste de la journée. La première, présidée par Mme Patricia Amand (ARTCI, Côte d’Ivoire), a examiné l’impact des modes de partage d’infrastructures mobiles sur la concurrence. M. Patrick Mpenge (Vodacom) y a livré une formule devenue emblématique du séminaire: «derrière chaque pylône, il doit y avoir une fibre.» Les échanges ont prolongé la réflexion ouverte le matin entre dirigeants d’autorités, en distinguant partage passif, partage actif et itinérance nationale, et en interrogeant les leviers réglementaires capables d’encourager certaines formes de mutualisation tout en préservant l’investissement et l’innovation.

La deuxième table ronde, présidée par Mme Lydie Omanga, Vice-présidente de l’ARPTC, a porté sur le déploiement des réseaux de fibre optique dans une dynamique favorisant la concurrence et l’innovation. Les contributions d’ARCEP Gabon, de l’ANRT Maroc et d’Orange Afrique-Moyen-Orient ont mis en évidence la diversité des modèles, du co-investissement à l’accès ouvert au backbone national, en passant par la construction de réseaux communs.

La troisième, conduite par M. Jean-Célestin Endoke, Directeur des affaires juridiques et internationales de l’ARPCE de la République du Congo, a abordé les mesures permettant de garantir la qualité d’exploitation des nouveaux réseaux télécoms. Fiabilité, maintenance, processus de raccordement et observatoires de qualité de service ont structuré la discussion, avec les contributions de l’Arcep France, d’Internet Society et d’Airtel Congo.

     

Perspective iPRIS

Pour iPRIS, ces trois journées de Kinshasa ont valeur de confirmation. Volet francophone de l’initiative Team Europe «D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne», soutenu par la Commission européenne, la Suède et le Luxembourg, le programme accompagne le développement d’une offre de formation en français destinée aux régulateurs des télécoms et aux organisations sous-régionales de régulation.

Les trois axes du séminaire, partage d’infrastructure, déploiement de la fibre optique et qualité de service, recoupent directement les chantiers que les régulateurs des télécoms accompagnés par iPRIS mènent dans leurs propres juridictions. L’inscription du programme dans le plan d’action du FRATEL conforte le partenariat stratégique noué via l’Arcep France et ancre iPRIS dans la dynamique francophone du renforcement des capacités. La présence simultanée d’alumni à Kinshasa et de la 8ᵉ cohorte en Suède illustre concrètement ce que iPRIS cherche à construire: une communauté de régulateurs francophones qui apprennent les uns des autres, par-delà les frontières et les phases de leur parcours.

Et après?

Les chantiers techniques discutés à Kinshasa, qu’il s’agisse du partage d’infrastructure, de la fibre optique ou de la qualité de service, sont indissociables des conditions humaines, économiques et institutionnelles dans lesquelles ils se déploient. Le séminaire aura été un point d’étape dans une coopération francophone qui se construit dans la durée.

Le réseau a déjà fixé son prochain rendez-vous: sa réunion annuelle se tiendra les 28, 29 et 30 octobre 2026 en République de Guinée, autour du thème «Quelles mesures pour soutenir le déploiement d’infrastructures pour le numérique?». Pour les régulateurs accompagnés par iPRIS, comme pour leurs homologues francophones, ce sera l’occasion de poursuivre les réflexions ouvertes à Kinshasa, et de continuer d’avancer, ensemble, vers une connectivité abordable, inclusive et durable en Afrique subsaharienne.