Les régulateurs francophones accélèrent la transformation numérique
9–12 février 2026 | Cotonou, Bénin
EN BREF:
- Où et quand: Cotonou, Bénin, du 9 au 12 février 2026, session de suivi en Afrique de la deuxième cohorte francophone iPRIS
- Participants: Six autorités nationales de régulation (ARCEP Bénin, ARCT Burundi, ART Cameroun, ORTEL Guinée équatoriale, ARCEP Gabon, ARPT Guinée), trois régulateurs sous-régionaux (ARTAC, ARTAO, EACO), le réseau ARCEP France, et les partenaires de mise en œuvre SPIDER et ILR
- Temps forts: Discours de S.E. Stéphane Mund (Ambassadeur de l'UE au Bénin), présentation des avances des Initiatives de Changement, visite du centre technique de l’ARCEP Bénin, immersion fintech (LuxAid Challenge Fund, MTN Innovation Lab), modules sur la DEI et le SERA, réception à l'Ambassade du Luxembourg
- Impact: Résultats concrets au sein de l’ARCEP Benin, et bilan encourageant des six Initiatives de Changement
Une étape décisive pour la deuxième cohorte francophone
Du 9 au 12 février 2026, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste du Bénin (ARCEP Bénin) a accueilli à Cotonou la session de suivi en Afrique de la deuxième cohorte francophone du programme iPRIS. Quatre jours d’échanges intensifs ont réuni des régulateurs des télécoms du Bénin, du Burundi, du Cameroun, de la Guinée équatoriale, du Gabon et de la Guinée, aux côtés des partenaires de mise en œuvre SPIDER et l’ILR, des régulateurs des télécoms sous-régionaux; ARTAO (Assemblée des Régulateurs Des Télécommunications en Afrique de l’Ouest), l’ARTAC (Assemblée des régulateurs des Télécommunications de la République Centrafricaine) et l’EACO (East African Communications Organisation), ainsi que du réseau francophone, ARCEP France.
S’inscrivant dans le cycle structuré d’apprentissage entre pairs d’iPRIS, cette session a marqué un tournant pour cette deuxième cohorte francophone: le passage de l’apprentissage à l’action. Après une formation complète au Luxembourg en septembre 2025, ces régulateurs des télécom d’Afrique Francophone se retrouvent au Bénin pour confronter leurs Initiatives de Changement (IC) aux réalités du terrain, mesurer les progrès accomplis et consolider les réformes engagées.
Jour 1: Des avancées concrètes et un engagement réaffirmé
La session a été officiellement ouverte par les discours de S.E. Stéphane Mund, Ambassadeur de l’Union européenne au Bénin, du représentant de l’Ambassadeur du Luxembourg au Bénin, et du Dr Hervé C. Guèdègbé, Secrétaire Exécutif de l’ARCEP Bénin. Ce cadre institutionnel de haut niveau a posé d’emblée l’ambition de la semaine: positionner les régulateurs africains comme acteurs de la transformation numérique du continent.

La matinée de ce premier jour a été consacrée aux présentations des progrès des initiatives de changement portées par chaque autorité nationale de régulation. De la régulation de la concurrence, la gestion du spectre, déploiement de la 5G, régulation des infrastructures de fibre optique, à la détection des interférences spectrales. Chaque régulateur a démontré des avancées mesurables depuis la session de formation en Europe.
Un moment fort de la journée a été la mise en lumière des réalisations de l’ARCEP Bénin, notamment l’annonce de la décision réglementant les tarifs dans le secteur des communications électroniques et du numérique, ainsi que le prochain encadrement des zones WiFi gratuites. Ces mesures illustrent l’engagement du régulateur béninois en faveur d’un marché plus transparent, équitable et accessible.

La journée s’est terminée par une visite au centre technique de l’ARCEP Bénin à Hêvié, Calavi où les participants ont échangé avec le secrétariat exécutif de l’ARCEP sur l’approche évolutive du pays en matière d’accès public à internet, y compris les récentes orientations réglementaires sur l’exploitation des zones WiFi. Le cadre réglementaire souligne l’importance de l’autorisation préalable, de la qualité de service, de la protection des données et de la concurrence loyale. Des engagements illustrant comment la régulation peut protéger les utilisateurs tout en permettant un accès numérique abordable et équitable.

Jour 2: Dialogue stratégique et coopération institutionnelle
La deuxième journée a été entièrement consacrée à des réunions dédiées aux initiatives de changement. Chaque régulateur national a travaillé en sessions dédiées avec des experts de l’ARTAO, l’ARTAC, SPIDER, l’ILR, et l’EACO, pour affiner les stratégies de mise en œuvre, identifier les risques et renforcer les plans d’action. Ce format de travail en groupe de discussion reflète la méthodologie iPRIS: un accompagnement itératif, structuré et fondé sur la redevabilité.
Les échanges ont permis d’aborder en profondeur les défis propres à chaque contexte national; contraintes budgétaires, calendriers d’approbation institutionnelle, coordination inter-agences et l’accès tout en identifiant des solutions transversales et des bonnes pratiques et visions partagées entre pairs.

La journée s’est poursuivie en soirée à l’Ambassade du Luxembourg au Bénin, où les participants ont été reçus lors d'une invitation spéciale. Ce moment institutionnel a réaffirmé le soutien des partenaires européens au renforcement des capacités des régulateurs africains et à la promotion d’écosystèmes numériques inclusifs.

Jour 3: Innovation, inclusion financière et leadership institutionnel
La troisième journée a offert aux régulateurs africains une immersion dans l’écosystème de l’innovation financière et numérique au Bénin, combinée à des sessions de renforcement des capacités sur la gestion de projet et la diversité institutionnelle.
Immersion dans la fintech béninoise

La matinée s’est déroulée dans les locaux de l’Ambassade du Luxembourg, avec la présentation de deux startups lauréates du LuxAid Challenge Fund: Global Optim Benin (GOBIWORLD), dont l’application mobile intégrée digitalise et optimise les activités des agents Mobile Money en faveur d’une inclusion financière renforcée, et Media Soft Bénin, qui facilite la digitalisation des services des institutions de microfinance pour un accès élargi aux services financiers, en particulier pour les populations vulnérables.
Mme Livia Sossou, Conseillère technique principale du programme BeDigital, et M. Gilles Da Costa, Conseiller technique principal du programme Finance inclusive et innovante, ont présenté les progrès du Bénin en matière d’inclusion financière. Le taux d’inclusion financière, estimé à 87 % en 2025, atteint désormais 90 % au sein de la zone UEMOA, porté par l’adoption de la nouvelle loi bancaire en 2024 qui élargit le champ d’application aux établissements de paiement, aux établissements de monnaie électronique et aux FinTech.
La visite du MTN Innovation Lab a complété cette immersion avec la présentation de Cashless, une plateforme SaaS dédiée à la gestion des avantages salariés et des dépenses professionnelles. Ces initiatives illustrent le dynamisme de l’écosystème numérique béninois et les synergies entre régulation et innovation.

Diversité, équité et inclusion
L’après-midi a débuté par un module animé par Cheikh Sadibou Sakho (SPIDER / Université Gaston Berger) sur la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) dans les environnements réglementaires. La session a souligné que l’inclusion ne se limite pas à l’infrastructure mais dépend également des rôles sociaux et du genre, renforçant l’idée que la légitimité et la confiance du public reposent sur un leadership inclusif.

Gestion de projet et SERA
Malena Liedholm-Ndounou (SPIDER) a conduit une session sur la gestion de projet et le Suivi, Évaluation, Redevabilité et Apprentissage (SERA), dotant les régulateurs d’outils concrets pour planifier, suivre et évaluer l’impact de leurs initiatives de changement. Cette session a mis en évidence que la durabilité des réformes dépend autant de la discipline de projet que de l’expertise

La session sur l’encadrement tarifaire, animée par Antoine Samba (ARCEP France/FRATEL) et Tantely Jeans (ILR), a également permis aux participants d’approfondir les cadres réglementaires européens en matière de tarification et de protection des consommateurs; un sujet au cœur de plusieurs Initiatives de Changement de cette deuxième cohorte francophone.
Jour 4: Consolidation et perspectives
La quatrième et dernière journée a porté sur la consolidation des Initiatives de Changement et à la définition de la marche à suivre. Chaque régulateur national de la cohorte a présenté sa feuille de route pour les prochains mois, en précisant les étapes clés, les livrables attendus et les mécanismes de suivi. Les présentations ont démontré combien les IC avaient progressé, passant de la conception stratégique au Luxembourg en septembre dernier à des plans d’action détaillés, ancrés dans les réalités institutionnelles de chaque pays.
La session s’est clôturée dans une ambiance conviviale avec une excursion culturelle à Ouidah, ville historique du Bénin. Ce moment de partage a renforcé les liens entre les participants, illustrant l’esprit de collaboration et de solidarité qui caractérise le programme iPRIS.

Renforcer le leadership réglementaire à travers l’Afrique
La session de suivi de la deuxième cohorte Francophone à Cotonou confirme la vocation d’iPRIS: accompagner les régulateurs des télécoms dans la mise en œuvre de réformes structurantes, favoriser l’apprentissage entre pairs et contribuer à la construction d’environnements numériques plus inclusifs, innovants et durables à travers l’Afrique. En quatre jours, la deuxième cohorte francophone a démontré que l’échange structuré entre pairs accélère la capacité réglementaire des institutions africaines, des présentations de progrès aux cliniques IC, de l’immersion dans la fintech à la réflexion sur le leadership inclusif.
Ces régulateurs ne sont pas de simples participants à un programme de formation. Ils sont les architectes de la transformation numérique de leurs pays, porteurs de réformes concrètes qui touchent la concurrence, le spectre, l’infrastructure et la protection des consommateurs. L’approche iPRIS itérative, structurée et fondée sur la redevabilité, leur offre les outils, les réseaux et l’espace nécessaires pour convertir l’ambition en résultats institutionnels mesurables.

Depuis son lancement en 2023, iPRIS a mobilisé plus de 200 experts des télécoms dans 32 pays, témoignant d’un réseau continental croissant de régulateurs qui s’appuient sur une expertise partagée et une action réglementaire coordonnée pour façonner des marchés numériques résilients et tournés vers l’avenir. La session de Cotonou n’est pas une fin de parcours, mais une étape dans l’engagement continu d’iPRIS auprès des régulateurs africains. Un engagement qui transforme l’apprentissage en réforme et la réforme en impact durable.

iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l’Autorité suédoise des postes et télécommunications (PTS) et l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR), ainsi qu’avec l’ARTAC, la ARCAA, l’OCAE et l’ARTAO.
iPRIS est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg dans le cadre de l’Initiative Team Europe « D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne » (Code : 001).






