L’essentiel
- Huit autorités nationales de régulation (ANR) du Cameroun, du Tchad, de la RD Congo, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Bénin et de la Centrafrique ont ouvert la semaine en présentant leur initiative de changement (IC) à leurs pairs.
- Les régulateurs européens partenaires ont ensuite pris le relais : la BNetzA, l’ILR et l’ARCEP France sur la régulation du marché et l’indépendance du régulateur, l’Ofcom et l’ARCEP France sur les nouveaux sujets réglementaires et le déploiement de la fibre.
- Au milieu de la semaine, SPIDER a apporté la méthode : gestion axée sur les résultats le matin, diversité, équité et inclusion (DEI) l’après-midi.
- Trois idées ont traversé les quatre journées : toute décision réglementaire a une incidence sur des personnes ; un régulateur n’agit bien que s’il est indépendant ; aucun régulateur ne peut plus répondre seul aux défis du numérique.
- La deuxième semaine s’ouvre lundi 14 septembre sur la sécurité des réseaux et la résilience, avec une visite de SES au château de Betzdorf dans l’après-midi.
Une semaine construite comme un entonnoir
La 9e cohorte du programme iPRIS, troisième cohorte francophone, est arrivée à Luxembourg le dimanche 6 septembre pour trois semaines de formation accueillies par l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR). La première semaine a suivi une progression voulue : dire ce que l’on veut changer, comprendre le cadre qui le permet, apprendre à le planifier, puis confronter le tout aux sujets qui bousculent aujourd’hui tous les régulateurs. Vendredi, les délégations ont retrouvé, dans les locaux de l’ILR, les experts de leur domaine pour des échanges en petit format.
Lundi : huit initiatives de changement sur la table
La journée d’ouverture a été consacrée aux IC, cœur de la formule iPRIS. Chaque ANR a présenté le contexte de son secteur des télécoms, les résultats visés et les domaines où elle attend l’appui de ses pairs. Malena Liedholm Ndounou et Cheikh Sadibou Sakho (SPIDER), Tantely Jeans (ILR) et Ruffus Samuel (ARTAO) ont réagi à chaque exposé. Périmètre des initiatives, priorisation, implication des opérateurs, prise en compte de la DEI : les questions posées ce lundi ont servi de grille pour toute la semaine.
Mardi : l’indépendance comme condition de tout le reste
Avec Annegret Groebel (BNetzA), la cohorte est entrée dans les sessions de l’offre européenne conjointe : analyse de marché, puissance significative, mesures correctrices proportionnées, et un principe énoncé sans détour.
L’après-midi, Luc Birgen (ILR) et Antoine Samba (ARCEP France) ont montré ce que cette indépendance suppose concrètement : des garanties inscrites dans les textes, un mode de financement qui n’expose pas le régulateur, une autonomie de recrutement, et un dialogue permanent avec les opérateurs comme avec le niveau européen.
Mercredi : la méthode, et les personnes que l’on oublie
Malena Liedholm Ndounou (SPIDER) a repris les IC une à une avec la gestion axée sur les résultats : commencer par le problème, remonter à ses causes avec l’arbre à problèmes, relier chaque activité à un effet attendu, et suivre le tout par le SERA (suivi, évaluation, redevabilité et apprentissage).
L’après-midi, Cheikh Sadibou Sakho (SPIDER) a déplacé le regard de l’infrastructure vers les usagers. Les taux de couverture sont élevés dans beaucoup de pays ; ce sont les écarts d’usage, liés au revenu, aux compétences, au genre ou au territoire, qui expliquent que des gens restent déconnectés. D’où la distinction entre égalité et équité, et l’invitation à réguler en fonction des besoins réels.
Jeudi : ce qui bouge, et pourquoi personne ne le régule seul
Camilla Bustani et Teddy Woodhouse (Ofcom) ont passé en revue les dossiers du moment : neutralité du net, services OTT, plateformes, sécurité en ligne, satellites en orbite basse. Un cas fictif de service de prêt mobile fondé sur l’IA a montré qu’un même service relève de plusieurs autorités à la fois. Antoine Samba a cité le groupe de travail de FRATEL sur l’autorisation des constellations satellitaires comme exemple de réponse collective. L’après-midi, la régulation française de la fibre a illustré l’importance des règles pratiques : partage d’infrastructures, réutilisation des fourreaux et des poteaux, cadre symétrique FTTH.
Les trois fils de la semaine
Le premier fil est celui des personnes. Lundi, Malena Liedholm Ndounou rappelait qu’il ne faut « pas être naïf » : chaque décision d’un régulateur a une incidence sur les gens. Mercredi, la session DEI a donné à cette idée sa méthode. Jeudi, les débats sur la protection des consommateurs et des enfants l’ont prolongée.
Le deuxième fil est celui de l’institution. L’indépendance défendue mardi n’est pas un principe abstrait : c’est ce qui permet à une ANR de porter une IC jusqu’au bout, face aux opérateurs comme face aux changements de priorités.
Le troisième fil est celui du collectif. Les IC ont été présentées devant des pairs, retravaillées avec des pairs, et jeudi a montré que les sujets qui les motivent, spectre, fibre, concurrence, plateformes, sont désormais les mêmes des deux côtés de la Méditerranée. C’est précisément le pari d’iPRIS : réduire la fracture numérique en renforçant les capacités des régulateurs africains des télécoms par l’apprentissage entre pairs, africains et européens, pour une connectivité inclusive et significative.
Et maintenant ?
La deuxième semaine reste sur le terrain de l’offre européenne conjointe : sécurité des réseaux et résilience lundi, avec une visite de SES au château de Betzdorf ; numérotation et adressage mardi, protection des consommateurs mercredi, puis gestion des fréquences et suivi-évaluation jeudi, avant une nouvelle journée de rencontres avec les experts de l’ILR vendredi. Les IC, elles, continueront de s’affiner jusqu’aux présentations « Marche à suivre » du 23 septembre.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la 9e cohorte iPRIS ?
La 9e cohorte est la troisième cohorte francophone du programme iPRIS. Elle réunit huit ANR d’Afrique francophone et deux organisations sous-régionales de régulation (ARTAC et ARTAO) pour une session de formation en Europe du 6 au 23 septembre 2026 à Luxembourg, suivie d’une mise en œuvre des IC dans chaque pays et d’une session de suivi en Afrique.
Que se passe-t-il après les trois semaines à Luxembourg ?
Chaque ANR repart avec un plan de travail pour son initiative de changement, qu’elle met en œuvre dans son pays avec l’appui de ses pairs et des partenaires du programme. La cohorte se retrouve ensuite en Afrique pour une session de suivi consacrée aux avancées et aux ajustements.
À propos d’iPRIS
iPRIS est coordonné et mis en œuvre par SPIDER en partenariat stratégique et technique avec l’Autorité suédoise des postes et télécommunications (PTS) et l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR), ainsi qu’avec l’ARTAC, la CRASA, l’EACO et l’ARTAO.
iPRIS est financé par l’Union européenne, la Suède et le Luxembourg dans le cadre de l’initiative Équipe Europe « D4D pour l’économie et la société numériques en Afrique subsaharienne ».






